Histoire du Lou

 

 

Article publié par Philippe Guigon dans les Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, t. XCIV, 2016, p. 635-642 [avec de légères modifications de PG] :

Le Lou-du-Lac, église et châteaux

Généralités

Le Lou-du-Lac est implanté sur la ligne de partage des eaux entre la Manche et l’Atlantique ; l’exutoire du plan d’eau, un sous-affluent de la Rance, traverse le synclinorium médian de la Bretagne[1]. Les déformations tectoniques du Tertiaire, suivies des transgressions marines de la fin du Pliocène, amènent des dépôts et des sédiments calcaires exploités en ce lieu depuis un millénaire, comme moellons dans l’église paroissiale, et comme sablon pour l’amendement des sols, au moins jusqu’en 1711 ; un carnet de compte ayant appartenu à Gabriel de La Lande, seigneur du Lou de 1710 à 1713, indique que cette année ses fermiers lui devaient des versements en nature, dont du sablon, estimés à plusieurs dizaines de livres. Ainsi s’explique la bigarrure des constructions du Lou, employant à la fois cette « pierre de jauge », mais aussi et surtout du schiste briovérien (dont les carrières ne sont pas à ce jour localisées), ainsi que du granite de Bécherel et parfois des schistes et grès rouges du pays pourpré.

Comme les paroisses voisines de La Nouaye, Saint-M’Hervon et Saint-Uniac, dont elle partageait la très modeste superficie, Le Lou-du-Lac était, probablement depuis le haut Moyen Âge (entre le milieu du VIe siècle et le milieu du IXe siècle ?) et le resta jusqu’à la Révolution, une enclave du diocèse de Dol dans celui de Saint-Malo, paroisse jusqu’à sa fusion le 8 avril 1951 avec celle de La Chapelle-du-Lou : ceci préfigurait en quelque sorte la constitution de la nouvelle entité communale dénommée La Chapelle-du-Lou-du-Lac. Ainsi prit fin, le 1er janvier 2016, une très longue et originale histoire, attestée tout d’abord par son nom, dont le premier terme, Lou, dérive indubitablement du vieux-breton loch, « lac ». L’apparente tautologie de sa version actuelle découlerait de la forme attestée en 1314,  le Lou Lieuc, précédée d’un article a priori introduit seulement à l’époque romane, et qui pourrait signifier « étang limoneux ». Même si des formes Le Loup existent durant l’Ancien Régime, il semble qu’une légende toponymique indatable ait introduit le culte de saint Loup en ce lieu (à noter qu’il est cependant le patron de l’enclave doloise de Lanloup en Goëlo, Côtes-d’Armor), en supplantant un dédicataire inconnu (fig. 1 et 2).

Figure 1 : Le Lou-du-Lac (cl. Maurice Gautier, 2009)

Figure 2 – Détail du cadastre du Lou-du-Lac, 1835, section A du Bourg (archives départementales d’ Ille-et-Vilaine, 3 P 5387)

L’ancienne église paroissiale Saint-Loup

En dépit de sa proximité d’avec le château, l’église était bien celle de la paroisse, et non la chapelle castrale, ce dont témoignent quelques frictions à propos de limites territoriales survenues au XVIIIe siècle entre le seigneur prééminencier, qui bénéficiait de deux dalles funéraires, et la fabrique. L’église originelle se compose d’une nef rectangulaire séparée d’un chœur rectangulaire à chevet plat par un arc triomphal, légèrement outrepassé et reposant sur des tailloirs simples. La maçonnerie, principalement constituée de plaquettes de schiste disposées en opus spicatum, englobe plusieurs fragments de terres cuites, briques, tegulae et mortier de tuileau, matériaux antiques extraits probablement d’un bâtiment peu éloigné ; en proviendrait également la colonne à l’astragale solidaire du fût, remployée en bénitier, du même modèle que celle conservée à proximité immédiate de l’église paroissiale de La Chapelle-du-Lou. Du calcaire coquillier est utilisé pour les harpages de la nef et du chœur, ainsi que pour les claveaux des quatre fenêtres percées en position haute dans chacun des murs nord et sud de la nef et du chœur, ouvertures larges et peu ébrasées vers l’intérieur : toutes ces caractéristiques techniques convergent pour dater du début du XIe siècle les parties primitives de l’église (fig. 3).

Les XVe-XVIe siècles voient plusieurs modifications, comprenant sans doute une nouvelle charpente. Dans le chœur, la maîtresse-vitre fut percée ou élargie, et une nouvelle porte ouverte au sud. Dans la nef s’ouvrirent une porte, ainsi que deux larges fenêtres en position basse remplaçant les baies anciennes, alors obturées. Enfin, la porte occidentale fut modifiée et précédée vers l’ouest d’un chapitreau, qui reçut entre 1639 et 1774 les corps de 119 personnes, essentiellement des enfants. À la fin du XVIIe siècle, trois retables en bois furent installés, celui du chœur dévolu à saint Loup et sainte Marguerite, ceux de la nef consacrés à la sainte Famille et aux saints Laurent et Barthélemy. En 1783, le registre des BMS indique que pour 2 500 livres, sous la conduite de l’entrepreneur Gouarin et grâce aux paroissiens qui fournirent charroi, bois de charpente et main d’œuvre, l’église fut agrandie de 11 pieds vers l’ouest, afin d’établir un petit clocher dont l’eglise n’avoit jamais été decorée. La dernière modification d’importance, entre 1866 et 1868, concerne le décor intérieur de peintures murales, dorures et boiseries, dont l’auteur demeure anonyme : François Lemoine, maire du moment, concluait fièrement que nous avons fait de l’intérieur presqu’un petit bijou.

L’église a été inscrite au titre des Monuments historiques le 11 mai 2009 « en raison de la qualité d’ensemble de l’édifice et de ses dispositions romanes en particulier ». Un sondage archéologique permettrait vraisemblablement d’y mettre au jour une stratigraphie échelonnée de l’Antiquité aux Temps modernes, certes perturbée par les 297 sépultures aménagées entre 1634 et 1785 d’après les registres de sépultures.

Figure 3 : face sud de l’église (cl. Philippe Guigon, 9 février 2012)

Les châteaux

La seigneurie du Lou relevait de celle de Montauban depuis au moins septembre 1314, mais ce n’est qu’en avril 1329, selon un acte retranscrit en 1779, qu’apparaît pour la première fois le nom du tenant de ce lieu, Éon de Méel. Ce personnage possédait alors, apparemment à faible distance de l’église, un hotel, terme désignant plus un manoir qu’une motte, alors probablement tombée en désuétude. Plusieurs éminences de terre étaient relativement proches de l’actuel château. Il faut éliminer celle située en La Chapelle-du-Lou à 1 100 m au nord-est de l’église du Lou, détruite en 1987, dite Butte du Château-Gaillard en 1756, mais également, par la carte de Cassini, La Motte Boutier : selon Michel Brand’honneur, il s’agissait là d’une possession, de la famille de ce nom installée dès le début du XIIe siècle en bordure de la foresta de Tanouarn, en Tinténiac. Une autre motte subsistante, bien qu’entamée par les travaux de la carrière liée au lac, se voit à 200 mètres au sud-ouest de l’église du Lou, entourée d’un petit fossé qui la sépare de sa basse-cour. Une vue aérienne prise à haute altitude par l’IGN le 28 mars 1991 y montre une structure rectangulaire délimitée par des fossés (19 mètres sur 16 mètres) : s’agirait-il d’une maison-forte du bas Moyen Âge, succédant à la motte des Méel ?

Olivier de Méel, capitaine de La Gravelle, fut décapité à Vannes le 8 juin 1451 pour avoir trempé dans l’assassinat de Gilles de Bretagne. Une certaine Jeanne « Le Meil » ou « de Vieil », dont on ne connaît pas exactement sa parenté avec lui, épousa (sous la contrainte ?) Arthur de La Lande, successeur de son père Macé comme gouverneur de La Gravelle. La dynastie des de La Lande posséda la seigneurie jusqu’en 1726. Jacques de La Lande et son épouse Geneviève de La Chapelle, dame de Trégomain (terre noble de La Chapelle-du-Lou), furent en 1571 les auteurs d’un vaste programme architectural comprenant un château implanté dans une enceinte quadrangulaire délimitée par des douves maçonnées et marquée à chaque angle d’une tour circulaire. Seule subsiste actuellement celle du sud-ouest, la tour sud-est ayant été largement détruite au cours du XXe siècle ; le vieux château lui-même fut abattu en 1877, probablement faute d’entretien. Il est connu essentiellement par un lavis de F. Lorin de Branbuan réalisé dans les années 1823-1828 (fig. 4) : sa datation est fournie, à défaut de sources documentaires, par un bloc de granite portant un écu aux armes des familles de La Lande, Trégomain, La Moussaye et Méel, portant la date 1571.

Figure 4 : lavis de F. Lorin de Branbuan, vers 1823-1828 (coll. particulière)

Florent de La Lande et Jacquemine du Breil de Pontbriand (famille originaire de Pleurtuit) furent, en 1657 (date inscrite au-dessus du perron, corroborée par un écu écartelé aux armes des du Breil de Pontbriand, de La Lande et de Trégomain), les maîtres d’ouvrage d’un nouveau bâtiment. Son maître d’œuvre fut Vincent Barleuf, prieur de l’abbaye génovéfaine Saint-Jacques de Montfort, simultanément l’auteur des châteaux du Plessis Botherel en La Chapelle-du-Lou (1655) et de La Perronnaye en Romillé (1653) ; celui-ci fut édifié par Jean de Saint-Gilles et son épouse Renée du Breil de Pontbriand, sœur de Jacquemine. Chacune des sœurs avait reçu en dot 30 000 livres, permettant le financement des trois quarts de la construction, par comparaison avec l’estimation de 40 000 livres pour Le Plessis Botherel. Comme pour ce dernier, il avait fallu tenir compte de l’existence d’un bâtiment du XVIe siècle, peut-être dans l’attente de revenus autorisant une unification du bâti, qui ne fut jamais réalisée.

Le château de 1657, au plan en L, se décompose horizontalement en quatre niveaux, tout d’abord celui de soubassement, comportant les cuisines et diverses caves, dont l’une à usage d’habitation. Desservie par le perron en fer à cheval, la grande salle donne sur un salon installé dans le pavillon nord, lequel contient également des espaces privatifs, chambre et latrines doubles ; un escalier à vis en bois conduit de cet endroit aux caves. Cependant, la principale circulation verticale s’effectue par un escalier rampe sur rampe menant des caves jusqu’au grenier, via le premier étage, occupé par quatre chambres. Celles-ci abritaient des personnes de statuts sociaux divers, révélés par une variation du degré de confort, avec ou sans cheminée ou accès à des latrines simples. Au-dessus de ces dernières, un étroit escalier dessert une petite pièce dont le plafond, étanchéifié par des joints de terre, émerge dans le haut volume du grenier éclairé par des lucarnes passantes : il s’agit probablement d’un chartrier, un local destiné à abriter des archives. À quelques détails près, notamment des embrasures de tir pour des armes à feu de petit calibre, l’ensemble du bâtiment, tant par son plan, son élévation que sa plastique ornementale restreinte (bossage de l’entrée, corniche), dénote l’influence du palais du parlement de Bretagne, monument phare de l’époque imité dans nombre de réalisations bretonnes.

Deux documents graphiques exécutés vers 1782, le Plan topographiques des terres du Plessix Botherel, et des environs, pour servir à l’intelligence du procès, d’entre Monsieur de Botherel, et de Monsieur du Lou[2] et le Plan de la Forest de Mautauban[3], ainsi que le cadastre de 1835, permettent de reconstituer partiellement le paysage contemporain du château du XVIIe siècle. Les douves et au moins quatre piliers délimitaient l’espace bâti, accessible par l’est grâce à une rabine longue d’au moins 900 mètres ; y étaient accolés un colombier de plan octogonal proche d’un puits. Un probable jardin à la française semblait exister dans la parcelle sise entre l’église et le lac, avec deux allées arborées et une haie pourvue d’une niche semi-circulaire. Le pré jouxtant immédiatement au nord le château servait à l’assemblée et foire du Lou, aux jours S. Laurans et S. Barthelemy. Enfin, un moulin fonctionnait, au moins épisodiquement, sur l’exutoire du lac. Tous ces aménagements sont mentionnés dans un aveu du 26 mars 1681 rendu par Anne de Rohan, dame de Montauban, la maison du Lou, H. J. [haute justice], logis, estang, douves, bois, moulin, rabines, mottes, colombiers, garennes.

Renée-Geneviève de La Lande vendit en 1726 la châtellenie à Guy-Pierre Aubert, issu d’une famille rennaise de roturiers anoblis en 1690. Le château fut vendu après la Révolution, à une date indéterminée, à une famille Boulanger qui n’y habitait pas à l’époque du « collège du Lou », premier séminaire du diocèse de Rennes après le Concordat qui s’installa au Lou-du-Lac entre 1802 et 1810. Une carence des sources documentaires empêche de déterminer exactement comment le château passa entre les mains de la famille de Lorgeril, entre 1825 et 1834 ; par mariage, les Freslon de La Freslonnière possédèrent le château de 1841 à 1924. Cette année-là, les propriétés issues de la seigneurie d’Ancien Régime, jusque là restées intactes, furent disloquées, l’étang et la tour subsistante allant à la famille Guyard, le château et quelques terres à la famille Berthier. Celle-ci, qui y abrita une auberge de jeunesse de 1936 à la Seconde Guerre mondiale, ainsi que des locataires et des vacanciers, vécut essentiellement des revenus d’une forge construite avec des matériaux de récupération à l’emplacement du château de 1571, ainsi que de l’épicerie et du débit de boissons installés dans la grande salle du château de 1657. L’arrêt de cette activité, en 2014, marque la fin d’une époque pittoresque, mais une résurrection est possible ! Ce fut le cas, fugacement, le temps d’un congrès de la SHAB…

[1] À notre article de 2003 (Guigon, Philippe, Lecrocq, Raymond et Turgis, Dominique, « Les châteaux retrouvés du Lou-du-Lac », Bulletin et mémoires de la Société archéologique et historique d’Ille-et-Vilaine, t. CVII, 2003, p. 99-144), il convient d’ajouter trois contributions plus récentes : Vallerie, Erwan, « Le Lou-du-Lac et La Chapelle-du-Lou », dans Bernard Merdrignac, Hervé Bihan et Gildas Buron (dir.), À travers les îles celtiques. A dreuz an inizi keltiek. Per insulas scotticas. Mélanges en mémoire de Gwénaël Le Duc, Britannia monastica, n° 12, Klask, 2008, p. 335-340 ; Blot, Roger, « Église Saint-Loup du Lou-du-Lac », Église en Ille-et-Vilaine, n° 245, septembre 2013, p. 28-29 ; Delaune, Karine, Gervais, Chrystèle, Guigon, Philippe et Leseignoux, Soazig, Marie du Lou. Mémoires d’un château du peuple, Combourg, Atimco, 2013.

[2] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 2 Eb 69.

[3] Plan restauré et conservé au château de Montauban-de-Bretagne.

5 septembre 2015 – Le congrès de la SHAB au Lou

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Article publié par Roger Blot, dans Eglise en Ille-et-Vilaine, n° 245, septembre 2013, p. 28-29 :

Eglise Saint-Loup du Lou-du-Lac

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Article publié par Philippe Guigon, Raymond Lecrocq et Dominique Turgis dans le Bulletin et Mémoires  de la Société archéologique et historique d’Ille-et-Vilaine, t. CVII, 2003, p. 99-144  [avec de légères modifications de PG] :

Les châteaux retrouvés du Lou-du-Lac

Introduction

« A quelques kilomètres de Montauban, dans la paroisse du Lou, s’élève un château du XVIe siècle, près d’une humble église romane, au bord d’un petit lac tranquille, entouré de grands bois. Un reste d’enceinte fortifiée l’environne, et aux angles se dressent deux tourelles en ruines qui projettent leur ombre sur les eaux silencieuses. Le lierre court le long des murailles noircies par le temps, les larges fenêtres sont délabrées, et les oiseaux de proie sont les vrais hôtes de ces vieux donjons.

Ne cherchez pas, dans le paysage, ces aspects souriants qu’apportent souvent, avec eux, les débris du passé. On dirait, au contraire, qu’autour de ces ruines, tout souffre et se plaint : les vents d’hiver, en passant à travers les grands arbres, y résonnent comme des sanglots. Il semble qu’à certains jours, là, plus qu’ailleurs peut-être, les choses ont vraiment leurs larmes et leur tristesse.

L’étang lui-même, dans lequel se réflètent les murailles épaisses du manoir, fut longtemps, pour les riverains, un objet de respectueuse terreur.

S’il faut en croire les traditions locales, dans ces eaux si calmes fut ensevelie l’ancienne église paroissiale, et la légende, partout la même, d’ailleurs, et empreinte de la même naïveté, raconte que, dans les nuits d’orage, on entend parfois le son plaintif de la vieille cloche qui invite à la prière et rappelle le souvenir du sanctuaire disparu.

A un point de vue historique plus sérieux, il est certain que la Révolution contribua, pour sa bonne part, à rendre lugubre et désolé l’antique château qui servit souvent d’asile aux prêtres fidèles. Ce coin de terre mystérieux, presque inconnu, perdu au milieu des bois, et où parvenaient à peine les bruits du monde, était pour beaucoup, en ce temps-là, un refuge assuré ; et au sortir des mauvais jours, le vieux manoir, plus ignoré que jamais, sembla destiné à demeurer désormais dans le silence et dans l’oubli ».

Ces lignes romantiques d’Edmond Vigoland[1] dépeignent de façon quelque peu sinistre le Lou-du-Lac, une place aujourd’hui fort appréciée de ses habitants et de nombreux visiteurs venus admirer le « château du peuple », ainsi dénommé de façon gentiment ironique par une célèbre émission de télévision[2]. Avant de devenir un sympathique café campagnard, cette bâtisse est passée par plusieurs étapes intermédiaires qui n’ont pas toutes laissé de traces immédiatement lisibles. Les auteurs de cet article ont voulu retracer le passé architectural du château du Lou, en le situant dans son cadre géographique naturel, très largement aménagé par une longue occupation humaine[3].

Le cadre général

Géographie

Situé dans l’arrondissement de Rennes (de Montfort-sur-Meu jusqu’en 1926) et le canton de Montauban, occupant une superficie de trois cent quatre hectares, Le Lou-du-Lac est installé sur la ligne de partage des eaux entre la Manche et l’Atlantique ; le Ruisseau du Moulin du Lou[4], qui prend naissance dans le lac, se jette dans la Rance via le Ruisseau du Néal à travers le synclinorium médian de la Bretagne, mettant en évidence l’existence de déformations tectoniques tardives, à la fin du Miocène et au début du Pliocène. Le plan d’eau couvrant environ 3,5 ha et divisé en deux parties de taille inégale, Le lac et La petite rive selon le cadaJstre de 1835, a été expliqué comme un « louc’h, “lac creusé de main d’hommes” entre le Vème et le XIème siècle ». Il était censé ne jamais s’assécher : durant l’été 1921 en raison des « chaleurs presque sénégaliennes […] et le manque d’eau », des laveuses de Bédée venaient y laver leur linge[5]. L’acte de vente du château passé en octobre 1924[6] spécifie que le nouvel acquéreur de l’étang « aura la propriété de la vanne de décharge se trouvant sur la propriété ci-dessus désignée [le château] ; mais il devra veiller à ce que cette vanne soit levée lors des crues pour empêcher l’inondation des terres et de la cave du château ».

Plusieurs buttes de terre oblongues bordant la Rive au sud et à l’est, plus hautes que la petite motte circulaire au sud-ouest, sont les témoins d’uneJ ancienne exploitation de calcaire coquillier semblable à celle de la Chèze en Landujan[7]. Encore en août 1989 une tradition orale collectée par l’aîné d’entre nous faisait état des travaux anciens : « En faisant le tour de la Rive du Lou après les Vêpres, les anciens nous disaient : les buttes que tu vé là ! toute la terre qui servit à les faire fut montée à coup de paniers par les vilains et les serfs ».

Un carnet de comptes retrouvé au Parlement de Bretagne et ayant appartenu à Gabriel de la Lande, seigneur du Lou de 1710 à 1713, indique ses revenus pour les années 1710-1711 ; outre des loyers en espèces, ses fermiers lui devaient occasionnellement des versements en nature. Ainsi le 23 septembre 1711 Guillaume Mahé, fermier à la Haye-Mangard, paie-t-il « en argent 110 livres, en sablon 50 livres, en fournitures 11 livres 13 sols 0 denier » ; le 30 décembre suivant Allain Macé, fermier du Bas Moron, verse « en argent 60 livres, en sablon 63 livres, en ardoise 12 livres, en beurre 6 livres ». Dès 1730 ce matériau, importé depuis Tréfumel pour servir à Montauban ou à Pleumeleuc, transitait par les rabines du Plessis-Botherel ; l’exploitation du Lou était peut-être alors épuisée ou insuffisante. Aux environs de la première guerre mondiale une drague fut installée quelque temps dans la Rive, non pour en extraire du calcaire, mais plutôt afin d’accroître sa profondeur pour la pêche, malgré sa mauvaise réputation au xixe siècle due à plusieurs noyades[8].

Toponymie

Le nom « Le Lou-du-Lac » se compose, après l’article, de deux termes accolés semblant synonymes, le premier expliqué comme une évolution du mot vieux breton loch, « étang, marais »[9] ; la spirante finale disparaît toujours et le nom se réduit à lo, comme dans la forme Lolioc (les lectures Lohec, forme de surcroît aberrante pour la région et l’époque, ou Lohoc, sont fautives) rencontrée dans un pouillé daté de la fin du XIVe siècle faisant suite à l’obituaire du chapitre de Dol transcrit au XVe siècle[10]. Une forme en –euc semble conforme à l’évolution de la finale –oc en Haute-Bretagne : en septembre 1314 Olivier de Montauban, partant à la guerre mortal de Flandres, donna à son épouse Julienne Tournemine des biens fonciers répartis sur les paroisses de Landujan, Irodoer, la Chapelle dou Lou, le Lou Lieuc, & S. Meamon[11]. La présence de l’article semble un indice d’une formation au Moyen Âge central ; Lieuc pourrait peut-être se rapprocher du breton lec’hid, « vase, sédiment », et Lou Lieuc signifierait alors « étang limoneux », mais c’est une simple conjecture. Bien que le nom « Le Lou-du-Lac » apparaisse de prime abord une tautologie bilingue, Lac semble plutôt une transposition très approximative du Lieuc[12]. Le i intercalé se retrouve une dernière fois dans la forme Loup Liou, distinct de la Chapelle doulou, dans un aveu du 17 mars 1401 retranscrit au XVIIIe siècle[13].

L’abbé Pierre Bossard cite le nom Eudo de Lupo dans une source qu’il date de 1239 et qui serait la plus ancienne connue si elle était avérée, ce qui n’est pas vérifié. Plutôt qu’une transformation du terme latin lupus, « loup », on songe à une légende toponymique née à cause du nom du patron de l’église, Loup, évêque de Troyes, vénéré depuis le Ve siècle à la fois en Gaule et en Bretagne insulaire ; il est également le patron de Lanloup, enclave de l’évêché de Dol dans celui de Saint-Brieuc, où il paraît avoir été remplacé vers le milieu du XIIe siècle par son homonyme archevêque de Sens[14].

Au bas Moyen Âge et sous l’Ancien Régime, le nom de la paroisse adopte indifféremment semble-t-il les graphies le Lou, comme en 1430, 1513, 1516 et 1669, ou le Loup en 1513, texte retranscrit au XVIIIe siècle. En février 1756 l’Intendance de Bretagne note la forme Le Loup du lac, mais en janvier 1762 les Botherel parlent du seigneur du Lou ; en 1866 le Guide-Joanne évoque encore le « beau château du Loup »[15].

La paroisse et son église

Jusqu’à la Révolution Le Lou-du-Lac, maintenant dans l’archidiocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo, était une enclave du diocèse de Dol (doyenné de Bobital) dans celui de Saint-Malo, installée à la limite des archidiaconés de Dinan et de Porhoët. L’église de Dol constitua son temporel entre le milieu du VIe siècle, après la fondation de l’abbaye de Dol par saint Samson, et la fin du IXe siècle, au moment de sa transformation en évêché, en tout cas au plus tard avant la ruine de l’archevêché à l’extrême fin du xiie siècle. La paroisse du Lou, créée au détriment de Bédée, est voisine des enclaves doloises de la Nouaye, Saint-M’Hervon et Saint-Uniac ; toutes les quatre semblent implantées à proximité d’une voie antique menant de Corseul à Nantes et constituant la limite orientale de Saint-Uniac[16]. Il faut noter la curieuse existence d’une enclave du Lou en Montauban, détachée à 600 m au sud de son territoire principal ; après d’âpres négociations débutées le 3 octobre 1831 entre les communes de Bédée, du Lou-du-Lac et de Montauban à son sujet, elle fut incorporée 26 février 1835 à Montauban, le Lou n’obtenant qu’une infime compensation territoriale[17].

Le 3 mai 1705 le trésorier du seigneur du Lou évoque avec le sénéchal de Montfort une audience à la chapelle, désignant non l’église paroissiale de La Chapelle-du-Lou, mais celle du Lou-du-Lac. Cette trompeuse appellation explique la confusion encore fréquente de nos jours entre une soi-disant chapelle seigneuriale et l’église paroissiale ; d’autres traditions prétendent que le premier lieu de culte fut englouti dans les eaux du lac[18]. L’église se compose d’une nef rectangulaire communiquant avec un chœur rectangulaire à chevet plat par un arc triomphal légèrement outrepassé, suivant des usages fréquents au début du XIe siècle ; la nef était initialement éclairée par au moins deux fenêtres percées en position haute dans les murs goutterots, larges extérieurement d’environ 1 m et peu ébrasées vers l’intérieur. La maçonnerie, outre des moellons de quartzite grossièrement épannelés, se compose principalement de minces plaquettes de schiste disposées en opus spicatum ; quelques fragments de briques romaines et de tegulae, où adhèrent encore parfois des blocs de mortier de tuileau, sont intercalés au hasard de l’appareillage, caractéristique souvent considérée comme un trait d’archaïsme, même si elle se rencontre sur des églises paroissiales remontant à la fin du XIe siècle ou au milieu du siècle suivant[19]. Du calcaire coquillier est utilisé pour les harpages de la nef et du chœur ainsi que pour les claveaux des fenêtres, quelquefois en alternance avec des tegulae. L’origine de ces matériaux antiques, ainsi que de la colonne à l’astragale solidaire du fût et remployée en bénitier, est probablement à rechercher dans les environs immédiats ; la toponymie attire l’attention sur Les Vieux-Villes, deux villages situés l’un au Lou-du-Lac à 600 m à l’ouest de l’église, à proximité de l’axe antique menant de Nantes à Corseul, métairie noble en 1513[20], l’autre en Bédée à 900 m à l’est. Dans cette dernière commune, au lieu-dit Béziers situé à 2500 m au sud-sud-est de l’église du Lou, Françoise Le Boulanger a fouillé une exploitation rurale ayant principalement fonctionné entre la première moitié du Ier siècle et le début du IIIe siècle[21].

Au XVe siècle une porte fut ouverte dans la porte sud du chœur ; ultérieurement, deux larges fenêtres en plein cintre et en position basse, ainsi qu’une porte également en plein cintre, furent percées dans le mur sud de la nef, de surcroît augmentée de 4 m vers l’ouest. La nouvelle maçonnerie, en plaquettes de schiste, englobe des fragments d’embrasures de tir taillées dans du poudingue de Montfort, semblables à celles existant dans la tour du sud-ouest. Cette campagne de travaux a été par erreur placée au début du XVIIe siècle [y compris dans dans la première version de ce texte !] par une tradition transmise par l’abbé Mathurin Méance, arrivé au Lou le 1er février 1877, recopiant à partir du 1er octobre 1884 le registre commencé le 21 juin 1839 par l’un de ses prédécesseurs, Mathurin Robert, recteur entre 1828 et 1843[22] ; ce manuscrit, autrefois conservé au Lou-du-Lac, aurait été amené au presbytère de la Chapelle par un prêtre de cette paroisse, puis à celui de Landujan. Il est actuellement déposé par le diocèse de Rennes, Dol et Saint-Malo aux archives départementales d’Ille-et-Vilaine, où il est consultable sur  CD-ROM. En 1839 l’abbé Robert pensait ainsi que « L’Eglise du Lou [avait] été rebâtie avec la nouvelle partie du château du Lou, il y a environ 200 ans »[23].

Mais, en réalité, l’allongement de l’église intervint en 1783, année où le recteur signale le fait dans une page supplémentaire des registres des BMS : « En mille sept cent quatre vingt trois monsieur du Lou et le Recteur aux fins de deliberations du general de laditte eglise ont fait demolir le pignon de la grande porte de l’eglise du Lou qui menaçoit ruine et luy ont fait donner un prolongement d’environ onze pieds et sur cette nouvelle Batisse ont fait etablir un petit clocher, dont l’eglise n’avoit jamais été décorée. Cet ouvrage a au moins coute deux mille cinq cent Livres, l’entrepreneur a eu mille vingt quatre Livres et noury pendant l’ouvragre tous les matériaux Luy ont été fourny a pied d’oeuvre. La taille et ce qu’il a fallu de pierre de maçonne a coute cent cinquante Livres environ, Lardoise pour couvrir cent cinquante Livres les frais du charroy en outre tout le Bois de charpente a été fourny par Les paroissiens et les voissins egalement que tous Les charrois necessaires pour La construction de cet ouvrage Le port [?] au frais de la psse et les voisins d’icelle n’ayant pas de chevaux y ont contribué par journées de Bras fait à charge Les harnois du autrement [signé G. Gaultier Rtr] ».

Figure 1 : arch. dép. Ille-et-Vilaine, BMS, 1783-1793, f. 7

Au-dessus de la nouvelle porte occidentale se trouvent deux écus, celui de gauche portant des armoiries illisibles burinées à une date inconnue, probablement durant la Révolution. L’écu de droite constitue l’abdomen d’un personnage qui le soutient avec ses bras ; il est inscrit d’un monogramme comportant un quatre-de-chiffre, semblable aux marques de marchands d’outre-mer gravées à Notre-Dame de Vitré et en plusieurs endroits de cette ville entre les années 1550 et 1650 ; il pourrait s’agir ici du blason d’une confrérie ayant cofinancé l’allongement de l’église avec les seigneurs du Lou, qui y possédaient des droits d’enfeu et de litre, confirmés par la prise de possession de Guy de la Lande le 31 octobre 1669[24].

Le milieu du XVIIe siècle voit l’installation de plusieurs retables en bois dans le goût lavallois, possible œuvre d’un atelier gravitant autour du Palais du Parlement de Bretagne, ainsi que d’une chaire à prêcher adorné d’un écu martelé et surmonté d’une couronne comtale ; celui-ci portait vraisemblablement les armes de Jacquemine du Breil de Pontbriand, alliée par mariage aux de la Lande et dont la terre fut érigée en comté en 1650. Une légende, collectée en 1994 par l’aîné d’entre nous, raconte que la comtesse rencontra un loup dans l’avenue du château à la nuit tombante ; ayant invoqué la Vierge en promettant de « réparer la vieille église », elle fut épargnée par l’animal. La sacristie fut peut-être accolée au sud du chœur à cette époque, en tout cas avant le 6 janvier 1692, lorsque Guy de la Lande, seigneur du Lou Trégomain, « fondateur et supérieur de l’église & principal du Lou », signa un accord « en l’Eglise & sacristyië de la paroisse du Lou » ; enfin en 1778 « Monsieur du Lou, dit Louis-Aubert, seigneur du Lou », en fait Guy-Marie-Joseph Aubert (1744-1784), fit refaire le clocher. Entre 1866 et 1868 la commune restaura l’église, se glorifiant le 19 juillet 1868 d’avoir « fait l’intérieur, presque un petit bijou : dorure, peinture, boiserie » ; malheureusement il fallut demander des secours à la préfecture pour entreprendre par la suite des travaux de couverture, non prévus à l’origine[25].

Figure 2 : Le Lou-du-Lac (cliché Maurice Gautier, 19 août 1998)

Les origines du château

Une lignée légendaire

Les origines légendaires de la suzeraineté de Montauban sur le Lou ont été rapportées par l’abbé Robert, à partir d’« anciens titres » issus de « papiers du Château du Lou du Lac », lus quarante-trois ans avant 1839, enterrés en 1793 dans deux barriques cachées sous la grange de la ferme du « Moron d’Ahaut » (le Haut Moron) en la Chapelle, et séchés devant une cheminée du château après une tempête qui décoiffa la grange[26] :« Le prince de Montauban ayant nommé un enfant au Lou, auquel il donna son nom, savoir Philippe du Lou ; “Je donne à mon filleul, le terrain qui se trouve entre la Rive et les vieilles Eglises du Lou, et la seigneurie du Lou.  […] Origine de la Rive du Lou. A la même époque, c. à d. au temps de la donation faite par le prince Philippe, à son filleul, on travaillait à la Rive du Lou. D’où il résulta que son existence est de onze cent quarante ans, et il faut ajouter quarante trois ans. Ce qui fait onze cent quatre-vingt trois ans ». Ces traditions légendaires ramèneraient la création de la seigneurie du Lou à l’an 656 ou 657, c’est-à-dire au moment d’une soi-disant ambassade de saint Éloi auprès du roi Judicaël ; ne présentant guère qu’un intérêt historiographique, elles attirent l’attention sur l’origine discutée de la famille des Montauban, certains y voyant un ramage des Rohan, d’autres, et cela semble plus vraisemblable, un lignage issu d’un puîné des Gaël-Montfort. Amicie de Porhoët, fille d’Eudon II de Porhoët, apporta à son mari Guillaume de Montfort « la terre près le bourg de Saint-Éloi », données en 1152 lors de la fondation de l’abbaye Saint-Jacques de Montfort. Le premier personnage explicitement qualifié de seigneur de Montauban est Olivier de Montfort, mentionné entre 1156 et 1171 en tant que témoin d’une charte de Conan iv en faveur de l’abbaye de Bégard, puis entre 1163 et 1180 comme dominus Oliverius de Monte Albano en tant que donateur pour Saint-Jacques de Montfort. Le premier Philippe qui fut seigneur de Montauban apparaît dans des actes rédigés en 1210 et en 1215 comme petit-fils d’Olivier ; il avait succédé à son père Amauri de Montauban vers 1228-1230, témoignant alors sous le nom de Domino P. de Montauban ou Philip. de Montealbano[27].

Les Méel, premiers seigneurs du Lou

La théorie d’une filiation des puînés de Montauban pour expliquer la dépendance du Lou envers cette seigneurie semble irréaliste : les Montauban s’allient en effet avec de grands seigneurs de niveau élevé, tels les comtes de Porhoët, et non avec de simples chevaliers. Il est possible que ceux-ci perdirent leur terre, rachetées ultérieurement par leurs puissants voisins. La date la plus ancienne de la dépendance du Lou envers Montauban est avec certitude septembre 1314 ; selon Guillotin de Corson « le baron de Montauban était de toute antiquité seigneur de la paroisse du Lou-du-Lac, où il possédait un fief important appelé la Verge noble du Lou. C’est en ce fief que fut construit le château du Lou, dont la seigneurie, s’étendant aux environs, relevait de Montauban ».

L’appellation honorifique de Verge noble s’applique au sergent de Montauban, dans la déclaration du 26 mars 1681 d’Anne de Rohan, dame de Montauban[28] : « Item, mad. dame a privilège immemoriale d’avoir un forestier en la forest franc de fouage, lequel s’appelle franc forestier, avec un sergent franc de fouage en la paroisse de Montauban, qui est le sergent de la Verge noble ; autre sergent en la paroisse de St Uniac ; autre franc en la paroisse du Boisgervilly, autre en celle du Lou, autre en la Chapelle du Lou, autre en Yrodouër, autre en Landujan, autre en Quédillac. – Outre, celui qui est seigneur d’un bailliage appelé la Jehannaye, situé en la paroisse du Bedescq, tient de mad. dame à privilège d’avoir un sergent franc de fouage en lad. paroisse de Bedescq, lequel bailliage appartient à escuyer Guy de la Lande sieur du Lou.Plus mad. dame a l’autorité et superintendance en l’assemblée de Quédillac qui est au jour de la Magdeleine, et le lendemain par ses officiers peut faire tenir sa cour, mesurer et estelonner les vaisseaux, et avoir les amendes sur les forfaicts, laquelle assemblée se tenoit autresfois au jour Saint-Sauveur. – Autre pareil privilège en l’assemblée de S. Uniac, qui se tient les jours et festes de S. Uniac et de S. Pierre. – Autre pareil privilège en l’assemblée et foire du Lou, aux jours S. Laurans et S. Barthelemy ».

Les Méel, des chevaliers à motte ?

Les premiers seigneurs du Lou connus avec certitude, dès l’origine les vassaux des Montauban, sont les Méel, tenants de ce lieu, du Lou et de la Massardière au Lou-du-Lac, du Domaine et de la Haye-Mangard en la Chapelle-du-Lou. Un sceau de 1378 montre les armes, peut-être parlantes[29], de l’écuyer Eon de Méel, sept merlettes, 4. 2. 1, signalées en 1586 sans être alors identifiées sur une pierre tombale en l’église paroissiale de la Chapelle. Leur noblesse est confirmée lors des réformations et des montres réunis entre 1444 et 1513 ; la dernière héritière, Jeanne Le Meil ou de Vieil, Méel selon l’orthographe moderne, peut-être la fille d’Olivier de Méel, épousa Arthur de la Lande. Ce personnage fut gouverneur de la Gravelle à la suite d’Olivier de Méel, décapité en 1451 comme l’un des responsables directs de l’assassinat de Gilles de Bretagne[30].

Selon un acte de 1453 retranscrit en 1779, Jan Demel Coê Juveigneur d’aîné en ligence, rendit aveu au seigneur de Montauban des hôtels terres et maisons nommés le Domaine, en la Chapelle. Jan Demel seigneur du Lou est le premier personnage explicitement désigné comme tel, dans un aveu du 25 janvier 1423 également retranscrit au XVIIIe siècle, un la Houssaye de prénom inconnu et à l’origine de cette dernière famille étant alors son juveigneur d’aîné. Toujours d’après cette transcription du XVIIIe siècle, il est possible de remonter d’environ un siècle dans les origines des Méel, en avril 1329[31] : « tennement d’un Prin Le taillandier donné a foy a thomasse hayeste d’un herbergement maison et courtil… contenant ensemble deux journaux de terres ou environ bitant d’un costé à la terre Raoul joube et d’autre costé a l’église du lou. Item a foy Lauberge qui jadis fut prot Gault contenant le vie d’un journal de terre ou environ bitant a la terre jan Gedoüin, et d’autre au chemin coêloui va de l’église du lou à mon hotel. Item une piece de terre nommée le Champ de la Croyx contenant un journal & le tiers d’un journal… Bitant d’un costé à la terre ….. demell d’autre costé a la terre audit Gedoüin. Item une piece de terre nommée [blanc] contenant le tiers d’un journal bitant d’un costé la terre bon de mell et d’autre a l’eglise du lou. Item une autre piece nommée le Pré juhel contenant les deux parts d’un journal ou env. bitant d’un costé a la terre de Rouaud… Sur tout quoi en du deux [ ?] & maille de Rente amendab. aujour et fete 17 # a la St nicolas et 8 # amende au jour de Noël a deffaut de payement à Noël et la St Nicolas. Le dit Taillandier devoir au terme d’aoust pour sailler, 5 deniers de rente 2 corvéens, 2 gélines ».

Le Champ de la Croyx désigne probablement la Croix-du-Lou, métairie noble en 1513, à 200 m à l’ouest de l’église. L’hotel de Thornasse Hayeste est le Plessis-Hyette en la Chapelle, devenu le 7 octobre 1674 le Plessis-Botherel[32]. La lecture « bon de mell » est certaine ; plutôt que d’y voir un nom de lieu tel Boudemel, village de Bédée à 1400 m au sud-sud-est de l’église paroissiale de cette commune, peut-être Boudinel en 1710, il semble préférable de l’assimiler à un nom de personne, comme pour toutes les parcelles citées par cet acte. Dans un premier temps le lecteur de 1779 ne réussit pas à lire le nom de la terre de Méel, laissant des points de suspension ; il proposa « bon de mell » peut-être pour l’Eon de Méel de 1378, plus probablement pour son père qui aurait porté le même nom.

Motte et maison-forte

Les Méel, famille de chevaliers, possédaient vraisemblablement dès les XIe-XIIe siècles des droits sur l’église et résidaient probablement alors sur l’une des mottes mentionnées par l’aveu de 1681, « la maison du Lou, H. J., logis, estang, douves, bois, moulin, rabines, mottes, colombiers, garennes ». En 1513 une réformation de l’évêché de Dol mentionne au Lou une métairie de la Motte appartenant à Jehan de Launay, ainsi qu’un Olivier de la Motte, propriétaire de la « métairie de la Vieuville »[33]. Au côté sud-ouest du lac, une butte oblongue nommée par le cadastre de 1835 « La butte des mafray », haute d’environ six mètres et dont les diamètres à la base sont compris entre vingt et trente mètres, est entourée d’un fossé large d’environ 2 m, profond d’environ 1 m et approvisionné en eau par la Rive. La prairie ovale dite « Pré des mafray » en 1835, donnant sur l’étang et entourée de restes de talus, semble être la basse-cour de cette motte, qui ne doit pas être confondue avec les rejets de terre provenant de l’ancienne exploitation de calcaire coquillier et installés au sud de « La petite rive »[34].

Une autre éminence, « Le clos de la motte » en 1835, connue localement sous l’appellation « la Butte aux Renards », existait jusqu’à sa destruction entre 1925 et 1930 dans le village de la Fertais, à la limite du Lou et de Bédée, où le cadastre de 1844 le dénomme presque toujours « La Fertaye », avec une occurrence unique « La Ferté », nom découlant du latin firmitas, « lieu fortifié » ; peut-être s’agissait-il seulement de l’une des garennes mentionnées en 1681, tout comme le tertre situé entre le lac et la Croix-du-Lou, dit en 1835 « La butte », également détruit entre 1925 et 1930. Seules des fouilles archéologiques et des prospections systématiques permettraient de proposer une chronologie fine de ces sites terroyés, ainsi que de déterminer les rapports qu’ils entretenaient entre eux et avec la « Butte du Château-Gaillard », petite éminence circulaire ainsi nommée par le cadastre de la Chapelle en 1835 mais déjà connue sous cette appellation le 11 octobre 1756, malheureusement détruite en 1987[35].

Il est possible que les Méel aient occupé ensuite un herbergement semblable à celui mentionné en 1329, terme qui à cette époque peut déjà désigner un manoir, hotel, mais également encore un site fossoyé telle une maison-forte entourée de douves ennoyées ; l’hebergamentum, initialement une tenure liée au défrichement, finit par désigner au XIIe puis au XIIIe siècle, un centre d’exploitation rurale, voire un séjour noble[36]. Le déplacement de la motte à la maison-forte a pu s’effectuer au bas Moyen Âge, mais rien ne semble remonter à cette période, pas même la tour, contemporaine du château de 1571.

Figure 3 : cadastre du Lou-du-Lac, 1835 (feuille A, dite du Bourg)

Le château du XVIe siècle

Les de La Lande de 1450 à 1600

Les Méel s’étant fondu dans les de La Lande, cette famille devint celle des seigneurs du Lou, de Launay-Thébault en Montauban et de Trégomain en la Chapelle ; connue par plusieurs réformations et montres de 1479 à 1669, elle portait un écu de gueules à la fasce contrebretessée d’argent. Le premier de la Lande connu avec certitude est Macé, gouverneur de la Gravelle en 1450, père d’Arthur de La Lande, homme d’armes des ordonnances de la duchesse Anne en 1489 ; par son mariage avec Jeanne de Méel, le Lou passa dans sa lignée. Leur fils Jean de La Lande épousa en décembre 1547 Anne de la Moussaye, un ramage de Penthièvre ; de leur union naquit Jacques de La Lande. Dans le troisième quart du XVIe siècle la famille était en pleine ascension sociale lorsque leur fils, Jacques de La Lande, page du roi en 1570, puis écuyer de Catherine de Médicis, devint chevalier de l’Ordre de Saint-Michel en 1580 ; son mariage avec Geneviève de La Chapelle, dame de Trégomain, famille fondue en 1550 dans La Lande du Lou[37], lui permit en 1571 de reconstruire la maison-forte ou le manoir des Méel. Soixante-dix ans plus tard une nouvelle alliance matrimoniale très favorable allait autoriser son petit-fils à augmenter une nouvelle fois le château.

Un « minu et déclaration rendu au roi par Louys de Rohan après décès de son père Louis de Rohan pour la seigneurie de Montauban », le 19 mars 1575 (arch. dép. Loire-Atlantique, B 2132 : communication de Jean-Claude Meuret, 5 mars 2015), décrit ainsi la propriété  de Jacques de La Lande : « la maison du Lou, estaige, dousves, boys, moulin, rabines, preminence d’eglise et aultres prerogatives dudit lieu, mottes, coulombier, garennes, la metairie de la Porte, la mettairie de la Marre, la mestairie de la Crouez du Lou, la Masardaye, la maison, mestairie et appartenances de la Haye Meujart, boys et rabines desditz lieux, bois taillis, dismes, ferme, droict at appartenances et deppendances appartenans a Escuyer Jacques de la Lande, sur quoy il doibt une paire de gans de rente audit sieur vallans quatre denniers ».

L’aile disparue du château du Lou

L’aile méridionale du château a totalement disparu en 1877 mais est attestée par différents documents produits dans un intervalle d’environ un demi-siècle, deux plans des années 1780, un lavis des années 1823-1828 et le cadastre de 1835. La date « 1571 », inscrite sur une pierre armoriée qui provient très certainement du vieux château, suggère que Jacques de La Lande en fut le constructeur, en même temps que les tours bordant les douves.

Détail du plan d’Ollivault (vers 1782)

Ce plan conservé aux archives départementales d’Ille-et-Vilaine et dont il sera question plus loin, fut levé vers 1781, à propos d’un interminable procès entre les de Botherel et les Aubert, alors propriétaires du château, visible sur un peu plus de 1 cm² près de l’angle sud-est du plan, sous la forme d’un H symétrique, ce qui soulève le problème de la véracité du relevé ; en fait le topographe, servant les intérêts du Plessis-Botherel, représenta ce dernier château tel qu’il existait réellement sans trop se soucier du Lou. Cependant d’autres détails montrent l’exactitude relative du plan, ainsi les quatre tours sans courtines les reliant, placées aux angles des douves rectangulaires ennoyées par le lac figuré au sud-est ; d’autre part un bâtiment rectangulaire est dessiné dans l’angle sud-est de la cour.

Figure 4 : détail du plan d’Ollivault, vers 1782 (Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 2 E b 69)

Détail du Plan de la Forest de Mautauban (vers 1782-1786)

Ce plan conservé au château de Montauban et dont il sera question plus loin, remonte probablement aux années 1782-1786, à l’occasion de la faillite de Henri de Rohan ; près de son angle inférieur droit un fragment détaché du plan avec lequel il recolle montre, sur moins de 2 cm², le château du Lou, partiellement altéré par une déchirure. L’aile sud a disparu en raison du mauvais état du papier à cet endroit, l’aile nord apparaissant seule sous forme d’un rectangle interrompu ; les trois tours visibles baignées par les douves sont reliées par une courtine. Une petite construction annexe, aux axes décalés par rapport aux autres structures et dont la fonction n’apparaît pas clairement, paraît exister face dans l’angle nord-est de la cour ; jouxtant la douve sud côté cour sont représentés un petit bâtiment carré et une bâtisse rectangulaire.

Figure 5 : détail du Plan de la Forest de Mautauban, vers 1782-1786 (collection particulière, cliché Claude Renault)

Lavis de F. Lorin de Branbuan (vers 1823-1828)

Un album de lavis contenant une vue du château du Lou faisait partie d’un ensemble de divers papiers du château de Montauban acquis par Serge Davy, libraire-expert de Dinan ; proposé à la vente le dimanche 21 juin 1992 à l’Hôtel des Ventes de Saint-Brieuc, par Me Didier Guichard et Me Jean-Michel Juillan, commissaires-priseurs associés, l’album ne trouva pas acquéreur[38]. Certaines vues étaient datées « 1823-1825 », d’autres « 1828 » ; un feuillet de garde portait la mention manuscrite « Fait par Meur LORIN F. », un membre de la famille Lorin de Branbuan, originaire de Normandie et propriétaire au xviie siècle du château de Brambuan en Quédillac[39]. Le document contenait également deux planches sur le château de Montauban et une autre sur la Ville-Durand dans cette même commune ; ces trois sites placés en bordure sud de la forêt, unis par plusieurs liens, furent fréquentés par F. Lorin en raison de ses attaches familiales. Pierre-Marie-Louis Lemasson de Vaubruan (1770-1849), propriétaire du château depuis 1796, épousa en 1803 Jeanne-Hyacinthe-Perrine Guilhe de Lacombe de Villers (1782-1856), sœur de Jean-Philippe-Guillaume Guilhe de Lacombe de Villers (1786-1866), fils de Louis-André de Villers (1735-1826) et de Anne-Jeanne-Hyacinthe-Suzanne Lorin (1759-1826) ; cette dernière était la fille des propriétaires de la Ville-Durand (acquise par les de Villers en 1839), Hyacinthe-Nicolas-Louis Lorin (décédé en 1815), sieur de Branbuan et époux de Jeanne-Françoise du Val, héritière de Branbuan[40].

La « Vue du château du loup près montauban », exécutée au crayon puis à l’encre, rehaussé d’un lavis à la sépia ou au bistre sur papier-chiffon sans filigrane ni vergettes, mesure 26,5 cm sur 34,5 cm et montre la façade orientale du château entier[41] ; occupant le tiers central de la planche, celle-ci est encadrée au sommet par l’aplat du ciel portant le titre, et à la base par un camaïeu Terre de Sienne représentant un sol rocailleux parsemé de broussailles et traversé par le chemin d’accès. Celui-ci franchit une invisible douve grâce à un pont bordé de deux murets, donnant sur un porche monumental constitué de deux piliers moulurés (existant encore vers 1955) et encadrés de deux épaisses volutes ; la grille en fer forgé est surmontée d’un motif curviligne. De chaque côté, deux tours marquent les angles des douves, celle de droite ayant été découronnée de son chemin de ronde et pourvue d’un toit aplati ; le détail caractéristique de l’embrasure de tir sur la tour de gauche permet de la dater de la même époque que celle du sud-ouest, masquée ainsi que l’église, par l’aile aujourd’hui disparue du château et par deux bâtiments situés dans la cour. Le premier, pourvu d’une large entrée et de plusieurs portes, dispose d’une toiture de faible pente en ardoises percée d’une gerbière : il s’agit probablement des écuries attestées le 19 novembre 1708, quand « le valet François va chercher 600 lattes de bois coûtant 3 livres et 12 sols pour réparer les écuries car elles en ont grand besoin »[42]. Placée contre son pignon oriental, une construction supportée par des poteaux semble couverte en chaume, à en juger d’après la texture et la forte pente du toit. Le château se compose de deux ailes, celle de droite encore existante de nos jours, avec des détails permettant de l’authentifier aisément (perron, ouvertures, corniche, lucarnes passantes, volume de la toiture, cheminées), et de présumer ainsi que celle de gauche fut également dépeinte avec fidélité ; la représentation apparemment arrondie du pavillon nord est probablement due à une maladresse de l’artiste amateur.

Bien que partiellement masquée par le dessin du porche monumental, la représentation de l’aile disparue est du plus haut intérêt. Le rez-de-chaussée paraît percé à gauche d’une grande fenêtre à imposte partiellement obstruée par des déblais : il est possible qu’elle ait éclairée la chambre seigneuriale, chauffée par une cheminée, séparée par un mur de refend de la salle d’apparat, également chauffée, qui sert à la fois à la vie communautaire familiale et à la représentation sociale. Une porte donnait accès à l’escalier montant au deuxième niveau, éclairé par deux fenêtres à meneaux de tailles inégales. La pièce de droite possédait une cheminée dont les piédroits demeurent visibles dans l’élévation du mur sud de la construction de cette époque, sous le solin marquant l’ancienne toiture à forte pente. Deux lucarnes éclairent les combles, celle de gauche munie d’un fronton triangulaire, celle de droite plus modeste ayant pu être modifiée ultérieurement. Apparemment aveugle, un pavillon étroit placé perpendiculairement au sud, constitué de deux ailes symétriques à l’est et à l’ouest (cette dernière visible uniquement grâce à l’épi surmontant son faîtage), possède une fonction indéterminée, peut-être celle de latrines. L’ensemble évoquerait assez bien un manoir environné de communs et marqué par des traditions médiévales, n’était l’absence d’une tourelle qui put cependant disparaître lors des changements du milieu du xviie siècle ; les volumes, les ouvertures organiques, les moulurations, sont autant de traits anciens. Cependant le pavillon (ou les pavillons si la construction était symétrique) traduit l’arrivée de nouvelles modes et le passage au château, comme pour d’autres constructions bretonnes, si nombreuses dans les années 1560-1570[43].

Figure 6 : détail du lavis de F. Lorin de Branbuan, vers 1823-1828 (collection particulière)

Le cadastre de 1835

Le cadastre napoléonien confirme l’essentiel des informations précédentes ; les douves occupent un plan trapézoïdal plus que rectangulaire, l’accès oriental débouche sur l’avenue encore bien marquée dans le paysage, bien que déjà en voie de parcellisation. L’église, correctement représentée dans le cimetière où existait une maison pour le jardinier, apparaît comme difficilement accessible depuis le château, grâce à un pont incomplet, source de discorde aux XIXe et XXe siècles. Trois tours marquent les angles de l’enceinte, celle du nord-est étant manquante, alors qu’elle avait été dessinée par F. Lorin quelques années auparavant. Le château se présente pratiquement sous la forme d’un H asymétrique en longueur et en largeur : sa branche nord est plus longue que celle du sud, et le pavillon nord, plus important à l’ouest qu’à l’est, ne correspond pas au pavillon sud, dont les deux branches ont quasiment les mêmes dimensions. Le perron monumental occupait l’axe médian du château, alors que de nos jours il paraît décalé vers le sud en raison de la disparition de l’aile ancienne.

Figure 7 : détail du cadastre du Lou-du-Lac, 1835 (feuille A, dite du Bourg)

Datation de l’aile disparue

Vers 1965 l’actuelle propriétaire du château incorpora, dans une cloison ménagée sous l’escalier rampe sur rampe, vis-à-vis le perron d’entrée, une pierre provenant de la tour sud-est ; ce bloc rectangulaire de granite jaune-clair, mesurant 0,52 x 0,65 m, est sculpté en bas relief d’un rameau de lierre médiéval d’aspect, mais qui pourrait appartenir à une période aussi tardive que la fin du XVIe siècle. Deux autres pierres semblables et de même provenance, ornées paraît-il l’une de pommes et l’autre d’une grappe de raisins, furent remployées comme seuils de portes au presbytère de la Chapelle et à la ferme de Tufour dans cette commune ; elles sont désormais illisibles.

Le bloc de granite déposé en 1907 « au bas du perron », encore en 1927 « devant le perron du château », actuellement abrité dans le niveau de soubassement de la construction actuelle, permet de dater précisément le château disparu. Cette pierre carrée de 0,60 m de côté, inscrite « 1571 », expression des alliances sur trois générations, porte un écu confirmant cette datation, un écartelé porte au 1 de gueules à la fasce contrebretessée d’argent (La Lande), au 2 d’azur à la fleur de lys d’or, accompagnée de trois coquilles de même (La Chapelle – de Trégomain –), au 3 d’or fretté d’azur de six pièces (la Moussaye), au 4 six merlettes, 3. 2. 1 (Méel)[44]. Les de La Chapelle, seigneurs de la Chapelle-du-Lou et d’autres lieux tous situés en cette paroisse, Trégomain, Haut Moron, la Villeneuve, sont mentionnés par plusieurs réformations et montres entre 1444 et 1513.

Figure 8 : pierre portant un écu écartelé et la date 1571 (relevé Philippe Guigon, printemps 1980)

Les tours et les douves

Un croquis exécuté le 19 avril 1897 par Henri Frotier de La Messelière, et un schéma réalisé en mars 1907 par Joseph des Boüillons[45] montrent trois des quatre tours flanquant les angles de cette maison-forte, celle du nord-ouest ayant déjà pratiquement disparu ; depuis ces dessins la tour nord-est, qui ne figurait déjà plus sur le cadastre de 1835, a été entièrement démontée et il ne subsiste que le soubassement de son homologue du sud-est, cerclé à environ 1 m de hauteur d’un tore épais. La tour sud-ouest, seule encore debout, constituée de plaquettes de schiste et de moellons de quartzite, montre plusieurs embrasures de tir de formes et de natures diverses : celles percées en position basses, taillées dans du poudingue de Montfort, possèdent une fente de tir encadrant une ouverture circulaire, alors que celles aménagées à mi-hauteur dans du calcaire coquillier sont de simples trous surmontés d’une courte mire pour couleuvrine. Dans le chemin de ronde, supporté par des consoles à triple ressauts moulurés, les embrasures de tirs cruciformes correspondent à une petite arme à feu, tel un mousquet. Ces pseudo-mâchicoulis bretons montrent l’intérêt apporté au symbole de ces signes guerriers déjà sans fonction à la fin du Moyen Âge en raison de la puissance de l’artillerie. Le pavillon dessiné par F. Lorin montre une corniche moulurée de même sorte, ce type de décor se prolongeant fort en avant durant l’Ancien Régime. Les douves, maçonnées en plaquettes de schiste et pourvues à intervalles réguliers de contreforts, jouent un rôle défensif à une époque où les émotions religieuses sont encore vivaces.

Figure 9 : dessin d’Henri Frotier de la Messelière, 19 avril 1897 (Frotier de La Messelière, H., 1994, p. 111)

Figure 10 : relevé de Joseph des Boüillons, mars 1907 (Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 4 J 158)

Figure 11 : tour sud-est (cliché Dominique Turgis, 17 février 2001)

Le château du XVIIe siècle

Les de La Lande de 1600 à 1713

Rolland de La Lande, fils de Jacques de La Lande et de Geneviève de La Chapelle, épousa le 5 novembre 1609 Marie-Magdeleine de Coëtlogon et mourut après 1646. Ce seigneur du Lou et de Trégomain obtint en octobre 1637, par lettres patentes de Louis XIII, l’érection du Lou en une châtellenie dépendant perpétuellement du comté de Montfort tant que celui-ci existerait, du roi s’il était démembré. Le 23 mars 1642 Rolland versa 1200 livres au duc Henri de La Trémoille pour l’achat de tous les fiefs du Lou dépendant de la prévôté de Blavon en Bédée, vendus en même temps qu’une vingtaine d’autres terres ; trois quarts de siècle plus tard ces ventes furent interprétées par les Aubert, nouveaux seigneurs du Lou, comme le démembrement du comté. Cependant Rolland de La Lande rendit aveu à de La Trémoille de sa seigneurie le 3 novembre 1644, ce qui semble indiquer qu’elle demeurait dans la mouvance du comté ; ces incertitudes juridiques expliquent les difficultés rencontrées par les Aubert entre 1726 et 1744. La châtellenie se composait des seigneuries du Lou, de Launay-Thébault, de Trégomain et de la Téhellière en Bédée, avec droit de justice patibulaire à quatre pots[46]. Rolland eut comme fils Florent de La Lande lequel, décédé le 29 septembre 1669, épousa par contrat du 15 juin 1640 Jacquemine du Breil de Pontbriand, née vers 1622 selon l’historien de la famille, morte à Rennes le 11 avril 1696 et inhumée au chanceau de l’église du Lou ; de leur mariage naquirent René-Hyacinthe, Guy, Jeanne et Renée-Geneviève. L’aîné, « diacre du diocèse de Dol chanoine de Notre-Dame du Folgoët, désirant vivre le reste de ses jours dans l’estat Ecclésiastique », démissionna le 31 octobre 1669 de son droit d’aînesse en faveur de son cadet Guy et se retira à l’abbaye cistercienne réformée de Chaloché, au diocèse d’Angers[47] ; mort le 8 octobre 1701, il fut inhumé près le grand autel de l’église paroissiale du Lou. Le chevalier Guy de La Lande, seigneur du Lou de Trégomain, épousa Marie-Mathurine de Saint-Pern-Ligouyer et décéda à 61 ans par suite d’une épidémie touchant le Lou, où il fut inhumé le 30 janvier 1704, ainsi que sa sœur Jeanne, enterrée le 5 février. Gabriel de La Lande, fils de Guy, baptisé le 31 octobre 1684, seigneur du Lou dès 1710, fut reçu le 24 mars 1711 conseiller au Parlement de Bretagne et mourut précocement le 19 mai 1713 à Amboise. Son carnet de comptes donne une idée de l’étendue de ses propriétés en 1710-1711 ; outre des avantages en nature, il disposait de 14 347 livres 12 sols de revenus (dont 5931 livres 12 sols de précompte portant obligations) pour trente-deux fermes et métairies en Bédée, la Chapelle, Irodouër, Longaulnay, le Lou, Montauban et peut-être Romillé[48].

Le château de 1657

Datation

La date 1657 est inscrite dans un cartouche placé au-dessus de la porte d’entrée principale axée sur le perron, dans la partie subsistant encore aujourd’hui, appelée le 9 novembre 1708 par le trésorier du Lou le « bâtiment neuf de la maison », à en croire un extrait des comptes attribué à la famille Desgrées du Loû mais qui concerne en réalité très probablement les de La Lande, puisque le trésorier ne parle que du « recteur du Lou », de « Mademoiselle du Lou », du « Seigneur du Lou » et de ses métairies, correspondant à celles mentionnées sur le carnet de Gabriel de La Lande ; de plus le chemin emprunté par le trésorier pour aller à Rennes, via la route royale puis Bédée, la proximité de Montauban et du château de Ligouyer en Saint-Pern, font pencher pour une erreur de classement[49].

La datation est corroborée par un bloc de granite, peut-être situé originellement au-dessus du cartouche de la porte d’entrée dans un espace comblé par trois moellons de tufeau, et actuellement abrité dans le niveau de soubassement ; non explicitement daté, il appartient cependant vraisemblablement au milieu du xviie siècle. En effet, ce bloc mesurant 0,42 m sur 0,60 m est gravé d’un écu écartelé au 1 d’un lion qui pourrait être celui des Breil de Pontbriand, dont les armes portaient d’azur au lion morné d’argent ; cependant cet animal, ici pourvu d’une queue, n’est pas littéralement « morné ». Au 2, un mi-parti, se reconnaissent les merlettes des Méel et la fasce contrebretessée des de la Lande, tandis que la fleur de lys au 4 pourrait être celle de La Chapelle ; seule la feuille au 3, chêne ou bien houx, appartient à une famille que nous n’avons pu déterminer.

Figure 12 : pierre portant un écu du milieu du XVIIe siècle (relevé Philippe Guigon, printemps 1980)

Financement et maître d’œuvre

Les Breil, ayant englobé en 1496 les Pontbriand, s’étaient installés dans leur nouveau château de Pleurtuit, tête d’une châtellenie (depuis 1598) érigée en comté en 1650 en faveur de René du Breil, comte de Pontbriand, chevalier de l’Ordre du roi, mort en 1664 à 86 ans ; il avait épousé en 1608 Jacquemine du Guémadeuc. De leur union naquirent neuf enfants, la huitième étant Jacquemine, épouse de Florent de La Lande en 1640, en faveur de qui leurs parents partagèrent le 13 juin 1648 leurs biens, disant « que leurs filles, mariées à Perronay & au Lou, en maisons des plus considérables de la Province, ont reçu chacune trente mille livres »[50]. Cette somme, qui équivaut à plus de deux années des revenus du château en 1710, est à rapprocher des quarante mille livres du coût de la construction du Plessis-Botherel, somme revendiquée par « les papiers du sieur de Coulongers », branche cadette des Botherel[51], et des vingt mille livres dépensées entre 1777 et 1785 par René-Jean du Plessis-Botherel dans son procès contre Guy-Marie Aubert du Lou[52].

Le concepteur de la nouvelle aile du château fut Vincent Barleuf, chanoine régulier de Saint-Augustin devenu génovéfain, élevé sous le père Charles Faure. Né vers 1615, profès en 1631, il fut envoyé après ses études à Orléans, puis Beauvais pour être sous-prieur et maître des novices, à Saint-Martin-aux-Bois (diocèse de Beauvais) où il demeura prieur durant trois années. À Saint-Jacques de Montfort, abbaye appliquant depuis peu la réforme initiée par Sainte-Geneviève de Paris, il fut prieur entre 1647 et 1659 à la suite de François de la Ferre (vers 1603-1648), constructeur du couvent ; il joua un rôle plus ou moins important dans cette nouvelle œuvre, dessinant en particulier des autels et des lambris ou boiseries, ainsi que les armes de l’abbé de Tanouarn. Depuis Montfort il fourni également des dessins pour l’édification de châteaux voisins, à en croire une notice qu’il rédigea à l’intention de Claude du Mollinet, auteur d’une histoire restée inédite des Augustiniens[53] : « Pendant que ce père prieur travailloit audit bâtiment, il donna des dessins à plusieurs personnes qui sont dans le voisinage et qui le consultoient pour faire rebâtir leurs maisons anciennes, entr’autres à M. Descouroger, seigneur du Plessix-Hiet, à M. du Loup, à M. de Peronnet, seigneur de Romillé, la Durantaye, etc., ce qui donnoit par ce moyen des amis à l’Abbaye, dont il provenoit quelque assistance ou quelque douceur ».

Les noms des différents bâtisseurs du château de 1657 risquent fort de demeurer inconnus. La souche de la cheminée sud du château porte sur sa face orientale le nom « Barbot Bodin », qui serait peut-être à rapprocher de l’inscription « 1653 IHS » inscrite au flanc nord de la cheminée de la seule tour subsistante ; faut-il voir une simple coïncidence dans cette similitude des dates, ou peut-on conclure à l’existence sur le chantier du milieu du XVIIe siècle d’une équipe de fumistes ? Plusieurs marteaux de couvreurs sont gravés en léger creux sur les piédroits des lucarnes, à l’intérieur et à l’extérieur, ainsi qu’à l’intérieur du pignon sud, mais aucune datation ne les accompagne, pas plus que pour les marques de tâcherons et de pose de la charpente.

Description et comparaisons

Les murs sont composés en blocage d’un schiste très probablement extrait localement et mis en œuvre grâce à des échafaudages dont subsistent les trous de boulins, et les encadrements emploient le granite gris de Bécherel ; le calcaire coquillier est réservé à la corniche, aux lucarnes passantes et aux cheminées. Les techniques employées sont donc les mêmes que pour la tour attribuée à 1571. L’utilisation d’un enduit masquant les irrégularités de la maçonnerie paraît plus que plausible, comme à Perronay en Romillé. Les carrelages anciens encore en place sont constitués de tommettes carrées de 8 à 9 cm de côté, un module employé à la même époque dans la région, par exemple pour des carreaux réutilisés dans des moules à cloches baptisées à Maxent en septembre 1655[54].

Le plan de l’édifice, à dominante longitudinale, est celui d’un corps de logis centré sur un avant-corps sans profondeur sur lequel s’appuient deux pavillons d’angle, superposant le niveau de soubassement à usage domestique avec une cheminée pour les cuisines, le rez-de-chaussée surélevé, la grande salle de « l’étage noble », le premier étage avec des chambres desservies par un corridor en façade, et la haute toiture à double pente, éclairée par des lucarnes passantes avec des frontons alternativement courbes et triangulaire ornés autrefois de trois boules. Les horizontales sont marquées par des bandeaux sur lesquels se greffent les clefs saillantes des linteaux ; seule l’avancée du perron à double révolution, pourvu d’une rambarde en fer forgé et amenant au palier de l’escalier rampe sur rampe desservant les étages, brise la monotonie de l’ensemble. Une des rares fantaisies provient des cinq gouttes placées sous les allèges des fenêtres orientales, inexistantes de l’autre côté ; l’encadrement de la porte d’entrée, orné de bossages et pourvu d’un fronton semi-arrondi supportant trois sphères, constitue le morceau de bravoure de la façade. Les modillons moulurés supportant la corniche, composée d’une doucine droite et d’un profil droit, rappellent les corbelets soutenant les chemins de ronde des tours du XVIe siècle. Quelques embrasures de tir pour des armes de petit calibre, parfois munies d’une mire, rappellent que le château fut édifié peu de temps après les troubles de la Ligue ; incluses dans la courte avancée du pavillon nord, elles permettaient de battre l’entrée. La décoration intérieure n’existe plus, à l’exception de quelques portes à panneaux, à la différence du Plessis-Botherel, du moins avant les déprédations commises au XXe siècle.

Figure 13 : façade orientale du château de 1657 (cliché Dominique Turgis, 3 décembre 2000)

Figure 14 : a) façade méridionale du château de 1657 (relevé Ronan Guigon et Philippe Guigon, octobre 2001) ; b) coupe est/ouest du château de 1657 (relevé Philippe Guigon, printemps 1980)

Figure 15 : plan du niveau de soubassement du château de 1657 (relevé Philippe Guigon, printemps 1980)

Figure 16 : plan du rez-de-chaussée du château de 1657 (relevé Philippe Guigon, printemps 1980)

Figure 17 : plan du premier étage du château de 1657 (relevé Philippe Guigon, printemps 1980)

Le château, accolé à une construction préexistante aujourd’hui disparue, semble de nos jours déséquilibré, avec son perron désaxé et ses cheminées inégalement réparties. Aussi peut-on parler à son propos d’un chantier inachevé[55], très comparable à celui du Plessis-Botherel dont la partie ancienne, peut-être l’œuvre des Douesnelière, seigneurs du Plessis-Hyette, appartient au xvie siècle et l’aile moderne à 1655 ; la très précise description de ce dernier bâtiment, visité en détail en octobre 1756 en même temps que tous les bâtiments appartenant à la seigneurie, ne signale cependant pas cette dichotomie remarquable[56]. La différence est plus grande avec Perronay où l’accent est mis sur les pavillons, dont la première pierre fut bénite par Barleuf le 30 mars 1653 car rebâti ex nihilo par Jean de Saint-Gilles, époux par contrat du 18 juillet 1639 de Renée du Breil de Pontbriand (baptisée à Pleurtuit le 10 mai 1618), sœur de Jacquemine qui avait reçu comme elle trente mille livres de dot ; ce lien familial explique probablement l’origine de la tradition selon laquelle un souterrain rejoignait les deux châteaux[57]. L’influence du Palais du Parlement de Bretagne, édifié de 1618 à 1655, est sensible ici comme dans nombre de réalisations de Haute-Bretagne de cette époque, ainsi La Louvière en Bruz, La Magnane en Andouillé-Neuville, Artois en Mordelles ou La Belinaye en Saint-Christophe-de-Valains[58].

Le château au XVIIIe siècle

Les Aubert

Interrogé comme témoin lors du procès de 1779 entre les Botherel et les Aubert, Joseph Ruault, habitant la Ville-Louvet en Médréac, se souvint qu’en 1718, Henri Hingant de Saint-Maur (époux en 1720 de Françoise Botherel, fille de François Botherel[59]) faisait fermer la barrière du Plessis à clef parce qu’il était en froid avec « Monsieur de Lépinay qui se prétendait héritier de la terre du Lou ». En fait ce personnage, Guy de L’Espinay, seigneur de ce lieu en Saint-Malon et de la Motte en Longaulnay, était l’homme de confiance de Guy de La Lande ; en décembre 1701, agissant comme son procureur, il se rendit à l’abbaye de Chaloché pour y verser une rente de 1500 livres après le décès de René-Hyacinthe de La Lande, frère aîné de Guy. Ses prétentions sur le Lou venaient peut-être du mariage de son arrière-grand-père, Guillaume de Lespinay, seigneur de la Ville-Géloart en Saint-Pern, avec Guillemette de La Lande, dame du Lou[60].

À la mort sans postérité de Gabriel de La Lande en 1713, la châtellenie passa à sa sœur Renée-Geneviève, épouse de Claude-René de Guer, marquis de Pontcallec, dont elle était séparée civilement de corps et de biens ; morte à 65 ans au château du Lou en 1727, elle avait vendu le 18 août 1726 la châtellenie avec tous ses fiefs et dépendances pour 80 000 livres et 3000 livres de rente viagère à Guy-Pierre Aubert[61], lequel trouva immédiatement sur sa route Charles-Elisabeth Botherel (1678-1753). Tout l’opposait au seigneur de Bédée, conseiller au Parlement (1702), deuxième époux en 1716 de Marie-Thérèse-Raoul de La Guibourgère, veuve du conseiller Gabriel de La Lande, élu procureur général syndic des États de Bretagne (1720)[62]. Ce personnage voulut lui faire acquitter, dès 1726, les « lods et ventes des Fiefs du Lou » dépendant de la prévôté de Blavon en Bédée ; attaqué à la fois par Guy-Pierre Aubert et par le receveur général des domaines du roi, débouté en 1736, il s’appuya sur le duc de La Trémoille, possesseur de ce qui restait du comté de Montfort. Un arrêt du 14 août 1744 mit fin à la procédure en accordant le produit de la mutation aux enfants du défunt duc[63]. En janvier et avril 1766 deux états des juridictions rédigés pour l’intendant de Bretagne précisent que la juridiction du Lou-du-Lac, appartenant à Monsieur Aubert du Lou, dépendait en partie de la subdélégation de Montfort où elle s’exerçait à Blavon, à cause de la dépendance au comté de Montfort, et en partie de celle de Montauban, où elle s’exerçait « dans l’auditoire y construit à cet effet »[64].

Les Aubert présentent un rare exemple d’une famille commerçante qui, anoblie et choisissant à bon escient une stratégie matrimoniale conquérante, quitta toutes ses activités mercantiles et politiques pour se retirer dans ses nouvelles terres. Guy Aubert, petit-fils d’un cierger de Rennes mort en 1629, fils de Julien Aubert, de même profession, naquit à Rennes le 8 novembre 1640 ; marchand de draps, sieur de Sauvé (maison et ferme situées à Rennes dans le faubourg de la Guerche), il acquit le 27 novembre 1690, pour 29 000 livres, la charge anoblissante de secrétaire du roi en la chancellerie du Parlement de Bretagne et décéda à Rennes le 19 août 1712. De son mariage en 1664 avec Françoise Ruellan, fille d’un marchand de drap de soie, il eut Guy-Pierre Aubert, né à Rennes le 24 décembre 1674, avocat en la Cour, conseiller au Présidial de Rennes pourvu le 6 août 1699, qui acquit le château du Lou où il mourut le 11 juillet 1743 : son corps fut partagé entre l’église du Lou et les Jacobins de Rennes. Son fils né en 1703, Guy-Jean Aubert, écuyer, seigneur du Lou et de Trégomain, conserva la même charge rennaise que son père : conseiller du roi alloué et lieutenant-général civil et criminel en la sénéchaussée et siège présidial de Rennes, il décéda le 30 juillet 1749 (sa succession avait été estimée en 1745 à 218 000 livres). Il épousa en premières noces, le 2 octobre 1700, Thérèse-Patrice Bourdays, fille d’un greffier en chef du Présidial et échevin de Rennes, puis en secondes noces, le 11 octobre 1743, Marie-Judith Picquet de La Motte (1729-1777), héritière d’une lignée de commerçants anoblis à la fin du xviie siècle. De ce mariage naquit, entre autres enfants, le 17 octobre 1744, Guy-Marie-Joseph Aubert, mousquetaire du roi, seigneur du Lou et de Trégomain où il préféra « vivre en gentilhomme dans son vieux château à l’écart des bruits de la ville » jusqu’à sa mort, le 13 septembre 1784 ; il épousa le 18 mars 1770 Reine-Thérèse-Guillemette Le Clavier de Miniac (décédée le 7 mars 1830), issue d’une famille de vieille tradition de robe anoblie en 1655 et alliée aux Picquet de La Motte, dont il eut Marie-Jeanne-Thérèse (Rennes, 15 août 1775, Vignoc, 20 août 1836) et Guy-Louis-Charles Aubert (le Lou, 6 septembre 1781, décédé le 14 novembre 1820)[65].

L’environnement du château au XVIIIe siècle

Les avenues

Le château était desservi par deux avenues, l’une secondaire à l’ouest, dite en 1687 « la rabine de la Croix au Lou »[66], l’autre principale à l’est dénommée par le cadastre de 1835 L’esplanade ; cette dernière, reliant le château à la route de Bédée à Landujan via le Plessis-Botherel, permettait également l’accès à la voie royale entre Rennes et Brest et menait aussi au bourg de la Chapelle, considéré en 1779 comme « le bourg du Seigneur du Lou ». Ces avenues étaient bien moins monumentales que la grande rabine du Plessis-Botherel aménagée à partir de 1676 par François Botherel, qui l’évoqua avec délectation dans le Mercure de France en novembre 1695 ; longue de 3 km, elle comportait dans un rond-point à mi-parcours un buste en bronze de Louis xiv entouré de quatre statues en pierre de Taillebourg représentant la Religion, la Justice, la Victoire et la Renommée, œuvres du sculpteur rennais François Delabarre. Outre leur aspect utilitaire, possédant un statut public ou privé source de chicanes innombrables, ces rabines modernes, larges et rectilignes, plantées avec symétrie à la différence des vieux chemins tortueux, symbolisent le pouvoir de leur propriétaire en magnifiant sa puissance. Toutes ces avenues sont figurées sur deux plans, le premier levé vers 1781 à partir du Plessis-Botherel, le second datant probablement des années 1782-1787 et centré sur la forêt de Montauban[67]. Les Aubert, qui avaient initialement peu d’attaches avec le Lou et partageaient leur temps entre leur château et Rennes, tout en restant très fermes sur leurs droits vis-à-vis des de Botherel, reprirent une longue tradition de chicanes héritées des de la Lande. La période allant de 1646 à 1765 bruit de leurs querelles à propos de tenures, en dépit de condamnations des deux bords par la justice de Montauban et en appel par celle de Rennes, et de transactions à l’amiable sans lendemains. Les droits de passage furent une source sans cesse renouvelée de disputes, traversant les siècles. Ainsi Guy de la Lande, contournant une barrière en bois qui barrait l’avenue du Plessis-Botherel et endommageant du même coup les cultures de François Botherel, effectua un bref séjour en prison entre les 4 et 13 juin 1682 ; il est vrai qu’il avait de surcroît insulté Madame Botherel en l’église de La Chapelle, à qui il dut présenter ses excuses[68]. Les mêmes causes produisant les mêmes effet un nouveau procès, d’une toute autre ampleur, s’ouvrit entre les Aubert et les Botherel à partir des événements du 3 avril 1777 : « Le sieur du lou, pressé par un motif de recrimination, a intenté au sieur de Botherel un procès sur la propriété des avenues de son chateau ; sa vengeance a pour motif un procès au possessoire pour le même objet ou il a succombé. Le sieur et la dame du Lou passant un jour en voiture par les avenues du plessix, virent leurs chevaux et leur voiture arrêtés à la barrière d’une de ces avenues qui conduit au chemin de la chapelle du lou. ils durent descendre de leur voiture, et prendre a pied le chemin de leur château ; mais dans la nuit suivante le sieur du lou fit renverser la barrière qui avoit empeché le passage de sa voiture et en fit arracher tous les potaux ; il a du depuis s’excuser de cette violance sur la malhonnêteté avec laquelle on l’avoit laissé arrêté a cette barriere sans lui ouvrir. mais ce prétexte etoit imaginaire puisqu’il fut prouvé dans le procès au possessoir qui survint, que le sieur du lou ayant envoyé son domestique chercher la clef de la barriere au chateau du plessix, le sieur chevalier de Botherel, qui s’y trouvoit seul alors, revint avec cet envoyé saluer mr et madame du lou, qu’il les pria de descendre et de venir au château, qu’il leur dit qu’il venoit d’envoyer chercher son frère qui avoit la clef, et qu’il ne tarderoit pas. il est prouvé que le sieur et la dame du lou sans faire attention a la demarche honnete du sr chevalier de Botherel, ne s’en crurent pas moins offensés, et qu’étant descendus brusquement de la voiture ils avoient pris le chemin de leur chateau à pied. mais le sieur dulou ayant fait dans la nuit suivante renverser la barrière ; et le sieur de Botherel en ayant été averti, celui cy mit sa plainte ; et le sieur dulou fut condamné de retablir la barrière avec defense a lui de toucher sa pareille faute a l’avenir. Voilà le principe de la recrimination du sr du lou, condamné au possessoire, l’espoir de la vengeance l’a ramené dans la lice ; il s’est pourvu au petitoire ; votre avenue est un chemin public a-t-il dit au sieur de Botherel, j’ay le droit d’y passer. En conséquence, on vit paroitre une longue requête le 27 octobre 1777 qui ouvrit la trame d’un procès long et serieux ».

Pour tâcher d’éclairer cette affaire complexe dont le simple résumé couvre dix pages en grand format d’une écriture petite et serrée, un « Plan topographiques des terres du Plessix Botherel, et des environs, pour servir à l’intelligence du procès, d’entre Monsieur de Botherel, et de Monsieur du Lou » fut levé par un ingénieur anonyme et gravé par Antoine-François Ollivault (Rennes, 9 janvier 1732, Rennes, 14 septembre 1815). Ce fils du graveur rennais François-Antoine Ollivault (1700-1780), formé par son père puis par Jean Striedbeck (1707-1772), graveur d’ex-libris de Strasbourg, était devenu célèbre en 1765 en raison d’une gravure satirique réalisée lors de l’Affaire de Bretagne ; elle lui valut l’emprisonnement mais lui assura par ailleurs la protection de la noblesse bretonne. Graveur expert ordinaire du siège de la Monnaie de Rennes en 1773, graveur officiel de la commission de navigation intérieure des états de Bretagne en 1783, auteur de nombreux ex-libris, il grava la carte de la Vilaine et de la Mayenne (1779) et celle des rivières et canaux projetés de Bretagne (1785), ainsi que les plans des villes de Rennes (1783), Guingamp (sans date) et Redon (1788)[69]. La datation du plan des terres du Plessis-Botherel, levé en toises à l’échelle d’environ 1/7300, mesurant 64 cm sur 28,5 cm, 37 cm avec la légende imprimée, est incertaine. Néanmoins la légende précise qu’une « descente » sur le terrain fut effectuée en 1781 ; de surcroît le onzième livret du procès verbal du 20 octobre 1781 rappelant la sentence du 12 juin 1779, ordonna que les experts déterminent l’état, la situation, l’étendue et la consistance des lieux. Le plan remonte donc aux environs de 1782.

Signalé par Arthur de La Borderie et Louis de Villers, qui ne l’exploitèrent dans leur travail commun de 1895 que pour le seul château de Montauban, un ancien plan fut retrouvé en mai 1987, protégé par des journaux de 1935 dans les combles d’une tour par Michael Ontrup[70] ; mesurant 0,92 m sur 1,85 m, dressé à une échelle voisine de 1/4 485, il s’intitule « Plan de la Forest de Mautauban / [Offer]t A son Altesse Serenissime Monseigneur le Prince de Guemenee / Duc de Montbazon Pair de France Comte de Mautauban ». Sous ce titre écrit en lettres capitales se trouve un texte concernant la superficie de la forêt, trois lignes écrites en minuscules, lacunaire en raison de l’état de conservation du document, aux larges marges noires presque partout absentes, et qui présente par ailleurs des manques importants : « [Plusieurs mots illisibles ma]rquees les Pieces de terre Rivraines qui Reglent ses limites, leurs aires [?], ceux des Particuliers qui les possedent, et les forestiers [ ?] dont [plusieurs mots illisibles] Elle contient un Côté [?] de Bretagne [?], [mot illisible] Cordes de pourtour, ou cinq [mot illisible] un dixieme. Et [mot illisible] journal 9 [mot illisible] journal 4 Cordes [lacune et plusieurs mots illisibles] de B[retagne ?] [plusieurs mots illisibles] qui sont de [mot illisible] et [mot illisible], un [mot illisible] qui la seigneurie de Montauban [? [mots illisibles] de la ditte forest, bosquets [mots illisibles] ».

Le plan, composé sur un papier-chiffon avec des encres de divers couleurs, noire pour les traits, rouge pour les constructions de surcroît ombrées (soleil au nord-ouest), et verte pour la végétation, est marqué de l’écu aux neuf macles des Rohan et surmonté d’une couronne princière ; le personnage à qui il est dédié pourrait être Jules-Hercule-Mériadec de Rohan (1726-1800), duc de Montbazon, prince de Guémené, comte de Montauban à partir de 1757 et qui l’était encore quand son fils Henri-Louis-Marie (1745-1809) fut déclaré en faillite en raisons de ses dépenses inconsidérées. La « Sérénissime banqueroute », selon le mot du marquis de Villette, du 17 octobre 1782 fut réglée par un arrangement de Louis xvi après deux arrêts du Conseil le 13 août 1786, l’État se rendant acquéreur du château et des terres de Montauban[71] ; le plan fut peut-être levé à l’occasion de cet épisode, afin de déterminer précisément l’emprise foncière des Rohan. Le plan montre la forêt exactement comme en 1808, année du premier cadastre de Montauban[72], ce qui pourrait être un argument chronologique pour le rapprocher de la charnière des XVIIIe et XIXe siècles ; cependant la forêt n’a presque pas été modifiée jusqu’à nos jours. Se distingue également l’angle de la route plantée d’arbres menant de la Croix-du-Lou au Moulin du Lou, ainsi que la route conduisant de la Croix-du-Lou aux Vieux-Villes et à la forêt ; l’avenue faisant face au château n’est par contre guère visible.

Les avenues et routes sont représentées, à une époque assez voisine, sur la carte de Cassini. Le réseau ne diffère guère de celui représenté sur les plans précédents.

Les jardins

Sur le plan de Montauban deux rectangles noirs tracés derrière l’aile nord du château, emplacement dénommé par le cadastre de 1835 « Le parterre », représentent peut-être des jardins. Au-delà de cette parcelle, hors les douves et jouxtant la Rive, s’étendait un parc, entretenu en mai 1705 par Nicolas Hamon qui reçut 40 sols pour 10 journées au « jardin » et 4 pour « la maison » ; en 1793, selon le registre de l’état-civil, le jardinier Guillaume Janvier demeurait au château[73]. Ce parc ressemblant, aux différences d’échelles et de moyens près, à celui du Plessis-Botherel, se composait de deux parcelles dénommées en 1835 « Le grand jardin » et « Le haut jardin » ; elles semblaient encore séparées à cette époque par une probable clôture végétale dans laquelle était aménagée une niche ouverte vers le levant et communiquant vers le couchant avec un petit espace rectangulaire clos. Trois avenues le bordaient sur trois côtés, celui de l’est demeurant ouvert sur le lac ; alors que l’avenue de l’ouest évoque plus un étroit chemin, celles des grands côtés, au nord et au sud étaient rectilignes, beaucoup plus monumentales, très certainement arborées. Une planche de l’album de F. Lorin sur laquelle est inscrite au crayon et à l’envers « Vue du chateau du lou » montre plusieurs petites scènes dans lesquelles évoluent des personnages se promenant paisiblement, d’autres se reposant, un garçon portant un petit seau, ainsi que des palmipèdes nageant près d’une possible corbeille à linge : est-ce trop s’avancer que d’y voir des représentations de loisirs champêtres au bord de la Rive ? Sans doute faute de moyens nécessaires à son entretien, la mode étant par ailleurs passé des parcs à la française, le jardin fut transformé en champ et loué à un agriculteur vers 1850[74].

Les constructions proches du château

La Basse-Cour, en forme de L sur le plan d’Ollivault et sur le cadastre, un simple rectangle sur le plan de Montauban, se trouve au bord sud de l’avenue, symétriquement placé par rapport à une fuie circulaire également cadastrée mais qui a disparu depuis 1835, et qui portait « une sorte de litre ». Elle était proche du « Puits du bocage », rasé en 1992 et dont le soubassement de granite employait des blocs moulurés ; ces pierres semblent chronologiquement proches de celles couronnant le pilier marquant l’accès oriental à l’église. À l’est de la fuie et au nord de la rabine principale se trouvait un bassin rectangulaire mesurant environ 25 m de longueur pour 12 m de largeur, un possible vivier dont l’alimentation en eau apparaît cependant énigmatique ; comblé dans les années 90, il n’en subsiste aucune trace.

Figure 18 : le « Puits du Bocage » (cliché Raymond Lecroq, vers 1985)

Sur le plan d’Ollivault l’église, qui ne paraît pas entourée de son cimetière, correctement placée hors des douves, n’est figurée que sous forme d’un simple rectangle ne présentant pas de différences entre la nef et le chœur orienté à chevet plat et ne montrant pas la sacristie ; par contre le plan de Montauban la dessine entourée par son cimetière, marqué par un semis de croix grecques, en forme de croix latine avec un transept sur les croisillons duquel s’articulent deux chapelles orientées encadrant un chevet plat.

À l’ouest du château la « Métairie de la Croix » (du Lou) dont François Daunay était le fermier en 1669[75], comporte deux constructions d’après le plan de Montauban, trois d’après Ollivault qui indique de surcroît la soue existant encore actuellement. La croix éponyme représentée sur une petite éminence contredit l’hypothèse de l’abbé Méance, qui pensait qu’elle ne remontait qu’au recteur Jean-Marie Regnault (1862), en même temps que le calvaire en bois du cimetière ; ce dernier, maintenant en pierre, est installé sur un socle remployant un bloc de calcaire coquillier mouluré (longueur : 0,45 m ; largeur invisible ; épaisseur : 0,09 m) provenant vraisemblablement d’un pilier détruit château du xviie siècle[76].

Vers le nord et hors les douves, entre une rabine placée sur un axe nord/sud et le bourg de la Chapelle, une parcelle appelée en 1835 « Le champ de foire » servait, d’après l’aveu d’Anne de Rohan du 26 mars 1681 à « l’assemblée et foire du Lou, aux jours S. Laurans et S. Barthelemy », respectivement les 10 et 24 août[77] ; les statues de ces deux saints sont placées dans l’église paroissiale, au-dessus de l’autel sud de la nef.

Les bois de justice patibulaire, à quatre pots lors de l’érection du Lou en châtellenie en octobre 1637, étaient implantés à une cinquantaine de mètres au sud de la rabine principale, environ au moitié de sa longueur ; le cadastre de 1844 de Bédée y appelle encore une parcelle « La justice ».

Au nord du château le moulin du Lou, rapportant 80 livres à Gabriel de la Lande en 1710[78], était situé sur le Ruisseau du Moulin du Lou, sortant de la Rive et figuré par le plan d’Ollivault par des pointillés entre le château et la Basse-Cour. Les douves, alimentées en eau par le lac et le Ruisseau du Moulin du Lou, sont figurées de façon réaliste par le plan de Montauban, larges et aux angles arrondis. Deux ponts franchissent les douves, l’un à l’est, le plus large et ouvrant vers l’avenue principale, marqué de deux piliers monumentaux démolis pour servir à la construction de la forge du XXe siècle, et l’autre à l’ouest, secondaire et plus étroit, encadré par un « porche ». Selon le plan de Montauban les douves n’auraient pas existé entre l’église et le château, ce qui est une erreur manifeste ; un troisième pont menait de la Basse-Cour au cimetière, ouvert sur l’esplanade par un étroit passage aménagé entre les deux bâtiments à usage agricole situés dans la cour et dont les soubassements moulurés des piliers se voient encore. Ce dernier accès fut une pomme de discorde au XIXe siècle : « le pont communiquant et servant de servitude, avec [le] jardin, est tombé en 1882 et le fermier de la Croix du Lou, s’est opposé à son relèvement, pour vexer les fidèles qui y passaient en venant de l’église, ou ceux qui allaient puiser l’eau du puits du Bocage. Il va être relevé prochainement, dit Mlle de Freslon ». Le conseil municipal, indigné que la propriétaire du château ait osé créer vers le sud une sortie « jusqu’ici inconnue » sur le chemin public menant à l’église et au cimetière, en recouvrant la douve d’un plancher, engagea un procès en mai 1885 et le perdit en 1889[79].

Les XIXe et XXe siècles

La Révolution et l’Empire

Le 19 juin 1794 à minuit, jour de la Fête-Dieu, une messe fut célébrée « à la chapelle du château du Loû » pour les fidèles des paroisses environnantes par un prêtre réfractaire, l’abbé Tostivint, assisté de quelques confrères proscrits ; les Chouans, qui attendaient de pied ferme les soldats de la République en surveillant les douves et les ponts, les repoussèrent et obligèrent même certains à se jeter dans la Rive[80].

Guy-Marie-Joseph étant décédé au Lou en 1784, son frère cadet Jean-Julien-Prosper Aubert (né le 12 mars 1746) lui succéda comme seigneur du Lou ; « ci-devant major de vaisseaux », il fut inscrit sur liste des émigrés le 7 pluviôse an II, et écarté de la succession des biens de son oncle maternel La Motte-Picquet, « vendus nationalement » de l’an IV à l’an VI. Reine-Thérèse Le Clavier (prudemment prénommée « Anne-Thérèse » le 19 floréal an III) protesta auprès du District de Montfort-la-Montagne, puis en appel devant celui de Rennes, arguant que son beau-frère ni aucun Aubert du Lou-Trégomain n’avaient quitté le territoire national ; l’administration communale de Montauban lui délivra le 6 ventôse an VI des certificats attestant qu’elle « a toujours résidé et réside avant et depuis la Révolution à la Maison du Lou, commune du Lou du lac sans aucune interruption ». De fait Jean-Julien-Prosper n’avait pas émigré, car très malade il résida secrètement chez sa belle-sœur depuis le 8 mai 1792 jusqu’au derniers jours de frimaire an V, quittant son château pour mourir à Rennes le 14 nivôse an V dans son ex-maison de Sauvé, rachetée les 6 brumaire et 30 frimaire an V par Guy-Victor-Uniac Huchet de Quénétain, petit-fils de René-Julien Huchet de Quénétain, époux en 1731 de Marie-Thérèse-Guyonne Aubert, fille du premier lit de Guy-Jean Aubert et de Thérèse-Patrice Bourdays[81]. En thermidor an XI Charles Aubert du Lou et Marie-Jeanne-Thérèse Aubert résidaient à Rennes. Le 1er février 1826, plusieurs neveux et petits-neveux de Jean-Julien-Prosper domiciliés rue Volvire à Rennes chez Louis-Jacques-Ange de la Motte de Broöns de Vauvert (1772-1832), époux en 1806 de Marie-Jeanne-Thérèse, demandèrent des indemnités pour leurs biens vendus par l’État au préjudice de ces soi-disant émigrés[82]. Les Aubert ne résident alors plus au Lou, tout en conservant encore en 1835 des biens en La Chapelle, le Bas Moron et le Haut Moron notamment[83] ; ils avaient vendu après la Révolution le château à une famille Boulanger qui n’y habitait pas à l’époque du « collège du Lou ». Ce premier séminaire du diocèse de Rennes après le Concordat fut installé au Lou-du-Lac entre 1802 et 1810, avant son implantation à Saint-Méen-le-Grand ; sous la direction des abbés Texier puis Mathurin Bédel, recteurs de la paroisse, il accueillit jusqu’à cent cinquante élèves, installés dans les fermes environnantes, leurs professeurs résidant au château, les cours ayant lieu au presbytère. Les anciens séminaristes en conservaient un souvenir ému : « Nous n’entendions d’autre bruit que le chant harmonieux des oiseaux, quelles bonnes études nos faisions, dans les grandes avenues du vieux château ou sur les bords du lac tranquille qui a donné son nom à l’église du lieu, quelle excellente direction nous recevions de nos maîtres aussi pieux que savants ! ». Associés à Marie de Freslon de La Freslonnière ils offrirent à l’église ses deux cloches, en 1845 Marie-Joseph, refondue en 1898, et en 1852 Emilie-Guillemette[84].

Le XIXe siècle

Adélaïde-Marie de Lorgeril (Saint-Brieuc, 8 novembre 1821, Saint-Étienne-de-Montluc, 12 septembre 1883), fille d’Alexandre-Armand-Stanislas de Lorgeril (1790-1825) et de Victorine-Sainte de La Moussaye (1790-1857), épousa le 11 mai 1841 Alexandre-Joseph, comte de Freslon de La Freslonnière (Nantes, 11 novembre 1816, Bains, 16 juin 1906). Le contrat de mariage entre les deux époux décrit le 7 mai 1841 la dot de la jeune femme[85] : « Art. 5 Madame de Lorgeril déclare que Mademoiselle sa fille se marie avec les droits mobilier et immobilier qui lui sont échus de la pension de Mr de Lorgeril, son père, qui sont restés indivis entre les deux dames comparant et Monsieur Victor-Marie-Émile de Lorgeril, leur fils et frère encore mineur. Et pour lui tenir lieu de ses droits Madame de Lorgeril assigne à la dlle future Epouse, pendant qu’elles resteront dans l’indivision, la jouissance de la moitié de la Terre du Lou, située dans la commune du Lou, de la Chapelle du Lou et de Bédée, acquise depuis son veuvage, avec les avantages et les charges attachés à cette jouissance. La demoiselle future Epouse recevra donc chaque année la moitié du fermage de la dite terre, à commencer à la Saint Michel prochaine […] la terre du Lou évaluée sept mille francs de revenu brut ».

L’acquisition de la « Terre du Lou », postérieure au décès d’Alexandre de Lorgeril le 22 mars 1825, était effective au 1er avril 1834 ; en 1835 ils possédaient également des maisons au bourg de La Chapelle ainsi que la « Butte du Château-Gaillard »[86]. Le partage des biens fut effectué entre les deux héritiers de Lorgeril, Adélaïde et Victor, « à une époque que les parties ne peuvent préciser aujourd’hui », c’est-à-dire le 8 mars 1884 ; en ce jour Alexandre-Joseph Freslon de La Freslonnière partagea ses biens entre ses quatre enfants[87]. La minute précisant l’origine de la propriétés décrit précisément la « Terre du Lou du Lac », plus de 42 ha recouvrant sur les communes de Bédée, de La Chapelle et du Lou-du-Lac, les métairies de la Croix-du-Lou, des Vieux-Villes, de la Forge, de l’Auberge et du Moulin à eau du Loû, du Petit Tufour, du Grand Tufour, de Launay, de Trégomain et de la Haye-Mangeard, le tout estimés à une valeur de 415 000 francs ; ce lot fut attribué à Marie-Victorine. Sa mère avait par préciput fait donation irrévocable du château à son frère, Roger-Marie-Louis (né le 20 février 1846), lors de son mariage avec Marie-Hermeline-Charlotte-Cécile Maillard de La Gournerie, d’après leur contrat de mariage devant Me Fleury et son collègue, notaires à Nantes, le 21 avril 1873. Cette donation se constituait du « vieux château du Loû situé en la commune du Loû du Lac, avec la cour, les bâtiments qu’elle contient, les tours, les douves, et le parterre, le tout compris sous les articles 9. 10. 11 et 12 de la section A du plan cadastral de la dite commune ».

Le château passa ensuite à sa sœur Marie-Victorine-Alexandrine (Le Rheu, 3 novembre 1858, épouse le 30 août 1881 Georges-Charles-Louis-Marie Le Maignan de l’Ecorce, décédée le 5 mai 1907), laquelle le donna à son neveu Henri-Marie-Joseph-Louis-Stanislas, vicomte de Freslon de La Freslonnière (né le 18 avril 1882)[88] par son testament olographe du 7 mai 1906 déposé aux minutes de Me Guillemot, notaire à Rennes, le 8 mai 1907 : « Je déclare instituer, pour mon légataire universel, mon neveu et filleul, Henri de Freslon, sous la réserve de legs particulier que je fais, ci après. Je lui fais cet avantage pour le remercier, d’abord, de l’affection qu’il m’a toujours témoignée et pour l’aider à s’arrondir, autour de la Freslonnière, qui lui est destinée » [89].

Pour élargir le chemin à l’ouest du château, menant à Montfort, classé voie vicinale à partir de 1834, et au bord de laquelle fut construite la mairie-école, le préfet autorisa la commune à abattre un mur enclosant une partie de ce chemin appartenant à Mme de Lorgeril ; la destruction de l’aile sud du château ouvrit le passage vers la nouvelle route, et l’entrée située à l’arrière du château devint ainsi son principal accès. L’aile de 1571 avait déjà failli être démolie peu de temps après le 31 août 1851, lorsque les de Freslon de la Freslonnière proposèrent à la municipalité « 4 000 F en argent et 120 m3 de pierre de moellon et 4 poutres à prendre dans le matériau de démolition du vieux château » pour construire une nouvelle église à côté de l’école afin de former un bourg, projet qui n’aboutit jamais. Les habitants du Lou ont « toujours entendu dire » qu’un incendie avait ravagé le château, à une époque qu’ils ne peuvent déterminer ; aucune trace de rubéfaction n’est visible, mais seul le mur mitoyen de l’aile disparue de 1571 aurait pu souffrir. Cette partie ancienne n’était plus entretenue, d’après le témoignage de l’abbé Méance en 1884 : « Nous avons vu encore debout la partie du château, qui est tombée en 1877, au sud, et la grande grande [sic pour grange], au sud de la cour de devant, et le pont communiquant avec le cimetière et leur jardin, sur la douve à l’est de notre Eglise »[90].

Curieusement, à en croire Guillotin de Corson en 1884, l’ancienne bâtisse était encore visible : « Ce qui reste du château du Lou mérite une visite. Au milieu d’une enceinte fortifiée, flanquée de trois tours en ruine, se dresse un manoir portant la date de 1571 et les écussons de la famille de la Lande ». De façon amusante il reprit ce témoignage encore en 1895, ce qui laisse à croire qu’il n’était pas revenu sur place depuis longtemps : « Le château occupe au bord du bel étang de la Rive et à côté de l’antique église romane du Lou-du-Lac une remarquable position. Malheureusement, une bonne partie des constructions primitives ont disparu ; néanmoins, au milieu d’une enceinte fortifiée de forme carrée, baignée en partie par l’étang et flanquée de trois tours en ruine recouvertes de lierre, se dresse fièrement encore le logis seigneurial construit partie en 1571 et partie en 1657 ; ces dates sont en effet gravées dans le granit au-dessus des portes principales […] Au-delà des douves s’élève l’ancienne fuie, conservant sa litre seigneuriale. Ajoutez à cette trop courte description çà et là des pans croulants de murailles fortifiées, et au-devant du logis de larges et longues avenues d’arbres séculaires, et vous n’aurez encore qu’une faible idée de l’imposant aspect que présente le vieux château démantelé du Lou »[91].

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Le XXe siècle : « chez Marie »

Le vicomte Henri-Marie-Joseph-Louis-Stanislas Freslon de La Freslonnière vendit en mai 1924 la « tourelle se trouvant près le cimetière » ainsi que l’étang à Émile-Victor-Félix Guyard[92], et le 27 mai et le 24 juin 1924 le château, pour quinze mille francs, à l’abbé Eugène Legault, recteur du Lou du 21 mars 1920 à sa mort le 20 juillet 1924[93]. Par son testament olographe du 1er juillet 1923 ce dernier avait cédé la bâtisse à ses nièce et neveu demeurant à Montauban, Eugénie-Anne-Marie Legault et Pierre-Marie-Constant Legault, lesquels le vendirent les 12 et 20 octobre 1924 aux époux Berthier qui tenaient un café-tabac à la Ville-Piron[94]. Madame Berthier tenait le café, après la décision prise en août 1925 par le conseil municipal revenant sur un arrêté de 1907 imposant une distance de 100 m entre l’église et un débit de boisson, et la rabaissant à 30 m[95]. Ferdinand Berthier (1881-1945), compagnon forgeron, édifia contre le mur sud du château, à l’emplacement de l’aile de 1571, une forge, en récupérant des blocs de granite provenant des piliers marquant l’ancien accès principal. La forge continua d’être exploitée après le décès du patron jusqu’en 1957 par son ancien ouvrier, Jean Aubry, lequel louait une chambre au château en compagnie de plusieurs locataires de passage, dont pendant quelques années André Jan, instituteur au Lou depuis sa sortie de l’École normale en 1947 jusqu’à la fermeture de l’école communale en 1970. Le confort était plutôt spartiate, ce que notait déjà l’abbé Méance en 1884 : « L’intérieur du château demanderait beaucoup de réparations, comme l’extérieur, pour devenir bien logeable. Cependant il y a encore salles, cuisines, chambres, etc. »[96].

Marie Berthier, succédant à sa mère Marie Martinais (1884-1958), tient au château un café faisant également office de tabac, d’épicerie, et une petite exploitation agricole, quelques vaches logeant dans le niveau de soubassement… : ainsi survit le dernier commerce du Lou-du-Lac, certainement l’un des plus pittoresques de toute l’Ille-et-Vilaine[97].

Figure 19 : Marie Berthier devant son château (cliché Johannes Von Saurma, 1993)

[1] Vigoland, Edmond, « Variétés. Un petit séminaire de campagne au commencement du XIXe siècle », Semaine religieuse du Diocèse de Rennes, 32e année, 22 février 1896, n° 20, p. 327.

[2] F. L., « Les communes dont on parle peu. Le Lou-du-Lac (137 habitants) se meurt au milieu des ruines et a tout oublié de son brillant passé », Ouest-France, éd. Ille-et-Vilaine, 2 septembre 1958 ; J. O., « La course aux clochers. Le Loup ( ?), Le Louc’h, Le Lou du Lac », Ouest-France, éd. Ille-et-Vilaine, 11 décembre 1962 ; « Une des plus anciennes communes d’Ille-et-Vilaine avec un lac creusé de mains d’hommes », Ouest-France, éd. Ille-et-Vilaine, 11 août 1970 ; « Excursion du 10 juin 1995 », Bulletin et Mémoires du département de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine, t. XCIX, 1996, p. 18-19 ; Faut pas rêver, 6 mars 1998, F.R.3.

[3] Les auteurs remercient vivement pour leurs différentes contributions Christophe Amiot, Edouard Aubert de Trégomain, Marie Berthier, Hervé Bougerie, Christophe Bouillon, Michel Brand’honneur, Serge Davy, Xavier Ferrieu, Maurice Gautier, Ronan Guigon, Hubert Guyard, Soizic Guyard, André Jan, Françoise Le Boulanger, Jean-Yves Le Moing, Bertrand Monvoisin, Almuth Ontrup, Claude Renault, Johannes Von Saurma, Pierre Tessier, Erwan Vallerie.

[4] Dénommé le « Nil » par suite d’une coquille baroque, cf. Guigon, Philippe, Le Lou-du-Lac, dans Le patrimoine des communes d’Ille-et-Vilaine, Charenton-le-Pont, Flohic, 2000, t. II, p. 948.

[5] Arch. com. Bédée, 3 D 12 (carnet de Louis Leroy, maire de 1914 à 1921).

[6] Arch. not. Me Pinson, Montauban (vente du château du Lou-du-Lac par Eugènie et Pierre Legault aux époux Berthier les 12 et 20 octobre 1924 en l’étude de Me Martin).

[7] Arch. com. Landujan, cadastre de 1835, feuille C dite de la Chèze (parcelles 735 « La prairie de la butte » et 736 « Les buttes de la garenne ») ; Milon, Yves, « Présence de la glauconie dans les faluns vindubiens de Bretagne », Comptes rendus de l’Académie des Sciences de Paris, t. 183, 1926, 2e semestre, p. 1043-1044 ; Picquenard, C., « Le falun de Landujan (Ille-et-Vilaine », Bulletin de la Société géologique et minéralogique de Bretagne, t. IV, 1927, p. 89-90.

[8][8] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 2 E b 69 (papiers de la famille Botherel du Plessis, procès contre Aubert du Lou) ; Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 2 E l 16 (papiers de la famille de La Lande, « Etat des fermes de la seigneurie du Lou suivant l’état que le seigneur de ce lieu m’a mis en main le 15e avril 1710 »). Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 4 J 158, fonds Joseph des Boüillons ; Gautier, Marcel, « Les enseignements du bassin hydrographique du ruisseau du Lou du Lac (Ille-et-Vilaine) et des gorges de la Rance moyenne », Norois, n° 59, 15e année, juillet-septembre 1968, p. 333-345 ; Banéat, Paul, Le département d’Ille-et-Vilaine. Histoire, archéologie, monuments, Rennes, Larcher, 1927, t. III, p. 302 ; Béchard, Guillaume, Les noms de lieux entre la Rance et le Gouët, Université de Rennes 2, thèse de 3e cycle, 1967, dactylographiée, p. 100 ; Durand, Suzanne, Le Tertiaire de Bretagne. Etudes stratigraphique, sédimentologique et tectonique, Mémoires de la Société géologique et minéralogique de la Bretagne, t. XII, 1960, p. 176, 183, 331 ; Grillet, Louis, Les sites remarquables de la Bretagne de l’intérieur. Dix itinéraires de tourisme au départ de Rennes, s. l., s. n., 1975, 4e éd., p. 50 ; Guillotin de Corson, Amédée, Pouillé historique de l’archevêché de Rennes, Rennes, Fougeray, Paris, R. Haton, 1884, t. V, p. 100 ; Keranflec’h-Kernezne, Charles de, « Les amendements calcaires en Armorique avant le Xe siècle », Bulletin et Mémoires de la Société d’Émulation des Côtes-du-Nord, t. XXVII, 1889, p. 64-72 ; Méance, Mathurin, Cahier de la paroisse du Lou du Lac résumant les faits et événements du passé depuis l’année (1806), mil-huit-cent-six, jusqu’au premier octobre 1884, et à l’avenir. Extrait des Archives de la paroisse, 1884, ms. [arch. dép. Ille-et-Vilaine : dépôt des archives diocésaines, CD-ROM], p. 158 ; Ogée, Jean-Baptiste, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, Rennes, Molliex, 1843, 2e éd., t. I, p. 486-487 ; Orain, Adolphe, Géographie pittoresque du département d’Ille-et-Vilaine, Rennes, A. Le Roy, 1882, p. 390 ; Thomas, É., Outin, J.-M., Carn, A., Rivière, J.-M. et Blanchet, S., Notice explicative, Carte géologique de la France (1/50 000), feuille Montfort-sur-Meu, Orléans, BRGM, 1999, p. 16.

[9] Fleuriot, Léon, Dictionnaire des gloses en vieux breton, Paris, Klincksieck, 1964, p. 244 ; Holder, Alfred, Alt-Celtischer Sprachschatz, Leipzig, B. G. Teubner, 1904, t. II, col. 279 ; Le Moing, Jean-Yves, Les noms de lieux bretons de Haute-Bretagne, Spézet, Coop Breizh, 1990, p. 106.

[10] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, G 281 bis (fonds du chapitre de Dol, Livre rouge de Dol), fol. 61 r° ; copies aux Arch. dép. Ille-et-Vilaine, fonds La Borderie, 1 F 413 et 1 F 416 ; Arch. dép. Ille-et-Vilaine, Bossard, Pierre, Dictionnaire topographique du département d’Ille-et-Vilaine, Arch. dép. Ille-et-Vilaine, ms., s. d., t. II, col. 1111 ; Corson, Aurélien de, Collection de documents inédits sur l’histoire de France publiés par les soins du Ministre de l’Instruction publique. Première série, Histoire politique, Cartulaire de l’abbaye de Redon en Bretagne, Paris, Impr. impériale, 1863, p. 546 ; Longnon, Auguste, Recueil des historiens de la France publié par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Pouillés, t. III, Pouillés de la province de Tours, Paris, Impr. nationale, C. Klincksieck, 1903, p. 383.

[11] Morice, Hyacinthe, Mémoires pour servir de preuves à l’histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, Paris, C. Osmont, 1742-1744, t. I, col. 1250-1251.

[12] Vallerie, Erwan, Communes bretonnes et paroisses d’Armorique, Brasparts, Beltan, 1986, p. 145 ; Vallerie, E., Traité de toponymie historique de la Bretagne, Le Relecq-Kerhuon, An Here, 1995, t. III, p. 116, 504-505.

[13] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 2 E b 68 (papiers de la famille Botherel du Plessis, procès contre Aubert du Lou).

[14] Bossard, P., op. cit., t. I, col. 411 ; Couffon, René, « Quelques notes sur Lanloup », Bulletin de la Société d’Émulation des Côtes-du-Nord, t. LVI, 1924, p. 36-37.

[15] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, C 4067 (rôle de capitation de la paroisse du Lou-du-Lac, 1756) ; Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 2 E b 58 (partage entre François Botherel, seigneur du Plessix, et son puîné Fiacre Botherel des Courogers, 1677-1692 ; « contestation entre la famille Botherel et Mr de Guémenée, cy devant comte de Montauban, relative aux droits qu’ils avaient dans l’église de la Chapelle-du-Lou ») ; Arch. dép. Loire-Atlantique, B 2132, (Déclaration des personnes nobles de la paroisse du Lou en 1513) ; Bibl. municipale Rennes, 1 M 1 ; Blanchard, René, Lettres et mandements de Jean v, Nantes, Société des Bibliophiles bretons, 1891-1895, t. IV, p. 218, n° 2370 ; Courson, A. de, 1863, op. cit., p. 549 ; Floury, Jérôme, et Lorant, Eric, Catalogue généalogique de la Noblesse bretonne d’après la réformation de la noblesse 1668-1672 et les arrêtés de l’Intendance, du Conseil d’Etat et du Parlement, Rennes, Sajef, 2000, t. II, p. 880 ; Le Moing, J.-Y., 1990, op. cit., p. 369 ; Nantes, René de, « Autre réformation de l’évesché de Dol pour l’année 1513 », Revue historique de l’Ouest, t. X, Documents, t. X, Xe année, 3e livraison, 1894, p. 148 ; Richard, Collection des Guide-Joanne. Guide du voyageur en France, Paris, L. Hachette, 26e éd., 1866, p. 565.

[16] Eveillard, Jean-Yves, La voie romaine de Rennes à Carhaix. Recherches autour d’un itinéraire antique, Brest, Centre de recherche bretonne et celtique, 1975, p. 43 ; Guillotel, Hubert, « Les origines du ressort de l’évêché de Dol », Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, t. LIV, 1977, p. 31-68 ; Vallerie, E., 1986, op. cit., p. 125-127 ; Vallerie, E., 1995, op. cit., t. III, p. 441.

[17] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 1 M 151 (limite des communes du Lou-du-Lac et de Montauban en 1832).

[18] Banéat, P., 1927, op. cit., t. II, p. 303 ; Lanoë, Philippe, Châteaux en Ille-et-Vilaine, Loudéac, Y. Salmon, 1991, p. 21 ; Lecrocq, Raymond, « Le Loup ( ?). Le Louc’h. Le Lou du Lac », Glanes en Pays Pourpré, n° 29, 2e trim. 1992, p. 26 ; Oudot, Maurice, Au travers de 12 grands chemins au cœur de l’Ille-et-Vilaine, randonnées historiques et archéologiques, s. l., éd. Mme Oudot, 1987, p. 350-355 ; Provost, Béatrice, « Le château du Lou du Lac au détour d’une promenade », Glanes en Pays Pourpré, n° 29, 2e sem. 1992, p. 24-25 ; Robet, Denise, Châteaux d’Ille-et-Vilaine, Paris, Nouvelles Editions Latines, s. d., [1966], p. 7-8.

[19] Brune, Joseph, « Répertoire archéologique. Département d’Ille-et-Vilaine », Bulletin et Mémoires de la Société archéologique du Département d’Ille-et-Vilaine, t. I, 1861, p. 80 ; Déceneux, Marc, La Bretagne romane, Rennes, Ouest-France, 1998, p. 45-46 ; Grand, Roger, L’art roman en Bretagne, Paris, A. et J. Picard, 1958, p. 342 ; Guigon, P., L’architecture pré-romane en Bretagne. Le premier art roman, Rennes, Institut culturel de Bretagne, Laboratoire d’Anthropologie-Préhistoire (UPR CNRS 403), Centre régional d’Archéologie d’Alet, 1993, p. 25-26 ; Guigon, P., 2000, op. cit., t. II, p. 948 ; Guillotin de Corson, A., 1884, op. cit., t. V, p. 101-102 ; La Bretagne contemporaine, Paris, Nantes, H. Charpentier, 1865, t. V, p. 73 ; Robet-Maynial, Denise, Lou-du-Lac (Ille-et-Vilaine), dans Dictionnaire des églises de France, iv A Bretagne, Paris, R. Laffont, 1968, p. 70 ; Seigneur-Ravier, Catherine, Encyclopédie Bonneton. Ille-et-Vilaine, Paris, Bonneton, 1999, p. 13 ; Tillet, Louise-Marie, Itinéraires romans en Bretagne et calvaire bretons, Saint-Léger-Vauban, Zodiaque, 1987, p. 33.

[20] Catalogue de l’exposition Montauban des origines à nos jours, Mairie de Montauban, 30 avril – 23 mai 1992, s. l., s. d., p. 6-7 ; Nantes, R. de, 1894, op. cit., p. 148.

[21] Le Boulanger, Françoise, Labaune, Françoise, et Jean, Stéphane, « Le site de Bédée “Béziers” (Ille-et-Vilaine). Approche méthodique de la périphérie d’un établissement rural gallo-romain et étude du mobilier », Revue archéologique de l’Ouest, vol. 19, 2002, p. 61-85.

[22] Guillotin de Corson, A., 1884, op. cit., t. V, p. 103.

[23] Méance, M., 1884, op. cit., p. 3.

[24] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 2 E l 16 (papiers de la famille de la Lande, acte de démission de René-Hyacinthe de la Lande en faveur de son frère le 31 octobre 1669) ; Banéat, P., 1927, op. cit., t. IV, p. 352-370 ; Frain de La Gaulayrie, Christiane, « Les marques des marchands d’outre-mer de Vitré », Bulletin et Mémoires de la Société archéologique du Département d’Ille-et-Vilaine, t. LXXXVIII, 1986, p. 55-62.

[25] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 1 F 1800 (papiers du chanoine Lemasson, « Paroisse du Lou. Consentement par Guy de la Lande, seigneur du Lou et autres, à payer la moitié de sa solde, paye, fourniture et habillement au soldat choisi en place de Julien Jehane, 6 Janvier 1692 ») ; Méance, M., 1884, op. cit., p. 3.

[26] Méance, M., 1884, op. cit., p. 1-3.

[27] Bellevüe, Xavier de, « Maison de Montauban. Origine. Généalogie », Bulletin et Mémoires de la Société archéologique du Département d’Ille-et-Vilaine, t. XXVII, 1898, p. 129-177 ; Bunouf, Maurice, Montauban-de-Bretagne, Rennes, La Presse de Bretagne, 1983, p. 20-21, 25-28 ; Chédeville, André, et Tonnerre, Noël-Yves, La Bretagne féodale XIe-XIIIe siècle, Rennes, Ouest-France, 1987, p. 157 ; La Borderie, Arthur de, et Villers, Louis de, « Essais d’histoire féodale. La seigneurie de Montauban et ses premiers seigneurs », Bulletin et Mémoires de la Société archéologique du Département d’Ille-et-Vilaine, t. XXIV, 1895, p. 267-297 ; La Borderie, A. de, « Origine de la seigneurie de Montauban et de ses seigneurs. Réponse à M. de Bellevüe », Rennes, 1898 ; Mauny, Michel, de, Le château et les seigneurs de Montauban-de-Bretagne, Saint-Germain-en-Laye, chez l’auteur, 1969 ; Morice, H., 1742-1744, op. cit., t. I, col. 613-615, 634, 783, 819, 829-830, 866 ; Paz, Augustin du, Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne. Enrichie des armes et blasons d’icelles, de diverses fondations d’Abbayes & de Prieurez, & d’une infinité de recherches ignorées jusqu’à ce temps, & grandement utiles pour la cognoissance de l’Histoire, avec l’histoire chronologique des Evesques de tous les Diocèses de Bretagne, Paris, N. Buon, 1619, p. 536-544.

[28] Guillotin de Corson, A., 1884, op. cit., t. V, p. 100-103, 249-252 ; Guillotin de Corson, A., Les grandes seigneuries de Haute-Bretagne. Deuxième série. Les baronnies, comtés & vicomtés compris dans le territoire actuel du département d’Ille-et-Vilaine, Rennes, J. Plihon et L. Hervé, 1898, p. 270-275 ; La Borderie, A. de, et Villers, L. de, 1895, op. cit., p. 280 ; Mauny, M. de, 1969, op. cit., p. 30.

[29] Pastoureau, Michel, Traité d’héraldique, Paris, A. et J. Picard, 1979, p. 150-151.

[30] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 2 E b 58 (partage entre François Botherel, seigneur du Plessix, et son puîné Fiacre Botherel des Courogers, 1677-1692 ; « contestation entre la famille Botherel et Mr de Guémenée, cy devant comte de Montauban, relative aux droits qu’ils avaient dans l’église de la Chapelle-du-Lou) ; Couffon de Kerdellech, André de, Recherches sur la chevalerie du duché de Bretagne […], Nantes, V. Forest et É. Grimaud, Paris, Dumoulin, 1877, t. I, p. 536, t. II, p. 271 ; Fabre, Martine, Héraldique médiévale bretonne. Images personnelles (vers 1350-1500), armoriaux, sceaux, tombeaux, étude et corpus, Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve d’Ascq, 1993, t. II, p. 392, n° 3900 ; Morice, H., 1742-1744, op. cit., t. II, col. 186, 191, 390 ; Nantes, R. de, 1894, op. cit., p. 148 ; Potier de Courcy, Pol, Nobiliaire et armorial de Bretagne, 4e éd. [réimpression de la 3e éd. de 1890], Mayenne, J. Floch, 1970, t. II, p. 256.

[31] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 2 E b 68 (papiers de la famille Botherel du Plessis, procès contre Aubert du Lou).

[32] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, fonds La Borderie, 1 F 1556.

[33] Bossard, P., s. d., op. cit., t. I, p. 230 ; Le Moing, J.-Y., 1990, op. cit., p. 331 ; Nantes, R. de, 1894, op. cit., p. 148.

[34] Banéat, P., 1927, op. cit., t. II, p. 305 ; Brand’honneur, Michel, Les mottes médiévales d’Ille-et-Vilaine, Rennes, Institut culturel de Bretagne, Centre régional d’Archéologie d’Alet, 1990, p. 71 ; Duval, Michel, « Le Lou-du-Lac », Bulletin de l’Association bretonne, 3e série, t. 78, 97e Congrès à Montfort, les 5, 6 et 7 juillet 1969, Saint-Brieuc, Les Presses bretonnes, 1970, p. 26-27.

[35] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 35 J 16 (fonds du comte de Botherel) ; Arch. com. La Chapelle-du-Lou, cadastre de 1835, feuille B 2, dite du Bourg (parcelles 473-474 La Janaye de la motte et 475 Le clos de la motte) ; Brand’honneur, M., 1990, op. cit., p. 54 ; Lecrocq, R., « Le Lou du Lac… La Chapelle du Lou. Le fond des âges », Glanes en Pays Pourpré, n° 3, 1er trim. 1983, p. 16.

[36] Renoux, Annie, Mottes et habergements fossoyés dans le Maine (xie-xve siècle) ; état de la recherche, dans Mondes de l’Ouest et villes du monde. Regards sur les sociétés médiévales. Mélanges en l’honneur d’André Chédeville, textes réunis par Catherine Laurent, Bernard Merdrignac et Daniel Pichot, Rennes, Presses universitaires de Rennes / Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, 1998, p. 399-414.

[37] Floury, J., et Lorant, E., 2000, op. cit., t. II, p. 880 ; Potier de Courcy, P., 1970, op. cit., t. I, p. 222, t. II, p. 145, 313-314, t. III, p. 400, 419.

[38] Livres anciens et modernes. Documents historiques. Catalogue de l’hôtel des ventes de Saint-Brieuc, Saint-Brieuc, Les Presses Bretonnes, 1992, p. 27, n° 285 : « (Montauban de Bretagne). – Album de lavis exécuté par un membre de la famille Lorin de Brambuan vers 1820-1829. Nombreuses vues de sites autour de Montauban (2 vues du château), Le Lou du lac, La Ville-Durand, château du Plessix en Dourdain, Bellevue près Rennes, Quefféron en Maroué. Nombreuses villas italianisantes dans le goût de Seheult ou de Constant Bourgeois. Scènes à la manière de Téniers. Ensemble du plus haut intérêt. Bien exécuté. Plus de 30 scènes au format 26 x 35 cm ».

[39] Banéat, P., 1927, op. cit., t. II, p. 428, t. III, p. 158 ; Bunouf, M., 1983, op. cit., p. 37.

[40] Banéat, P., 1927, op. cit., t. II, p. 423 ; Bunouf, M., 1983, op. cit., p. 120, 200, 231 ; Frotier de La Messelière, Henri, Filiations bretonnes 1650-1923. Recueil des filiations directes des représentants actuels des familles nobles, de bourgeoisie armoriée ou le plus fréquemment alliées à la noblesse, d’origine bretonne ou résidant actuellement en Bretagne depuis leur plus ancien auteur vivant en 1650, Saint-Brieuc, R. Prud’homme, 1912-1924, t. II, p. 667-668, t. III, p. 462-463, 546-547 ; Kerviler, René, Répertoire général de bio-bibliographie bretonne. Livre premier. Les Bretons, Rennes, J. Plihon et L. Hommay, 1904, t. IX, p. 334-335.

[41] Guigon, P., 2000, op. cit., t. II, p. 949.

[42] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 2 E d 23 (papiers de la famille Desgrées du Loû, « Extrait des comptes du 5 avril 1705 au 29 octobre 1708, 6 volumes d’environ une main de grand papier »).

[43] Mignot, Claude, et Chatenet, Monique [dir.], Le manoir en Bretagne 1380-1600, Cahiers de l’Inventaire, n° 28, Paris, Impr. nationale, 1993, in-4° ; Mussat, André, Arts et cultures de Bretagne, un millénaire, Nancy, Berger-Levrault, 1979, in-4°, p. 188-190.

[44] Frotier de La Messelière, H., 1907, op. cit., p. 97-98 ; Frotier de La Messelière, H., « Contribution à l’Armorial monumental breton. Documents héraldiques du département d’Ille-et-Vilaine », Association Bretonne. Archéologie. Agriculture. Comptes rendus, procès-verbaux, Mémoires publiés par les soins de la direction, 4e série, t. 54, 1944-1945, p. 115, 140, 150, 154, 193, n° 42 ; Frotier de La Messelière, H., 1994, op. cit., p. 111 ; Guillotin de Corson, A., 1884, op. cit., t. V, p. 101, n. 3 ; Potier de Courcy, P., Dictionnaire héraldique de Bretagne, Rennes, J. Plihon et L. Hervé, 3e éd., 1895.

[45] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 4 J 158, fonds Joseph des Boüillons ; Frotier de La Messelière, H., Guide pittoresque et archéologique d’Ille-et-Vilaine, Rennes, 1907, p. 97-98 ; Frotier de La Messelière, H., Le guide de l’Ille-et-Vilaine, Plouagat, 1994, p. 111.

[46] Arch. dép. Loire-Atlantique, B 1249 (Chambre des Comptes de Nantes, Livre des Mandements, érection en châtellenie du Lou en 1637) ; Guillotin de Corson, A., Les grandes seigneuries de Haute-Bretagne. Première série. Les châtellenies comprises dans le territoire actuel de l’Ille-et-Vilaine, Rennes, J. Plihon et L. Hervé, 1897, p. 276-281 ; La Borderie, A. de, et Villers, L. de, 1895, op. cit., p. 280 ; Mauny, M. de, 1969, op. cit., p. 30.

[47] Port, Célestin, Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire, Paris, J.-B. Dumoulin, Angers, P. Lachaise, Bellevue et Dolbeau, 1874, t. I, p. 574-575.

[48] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 2 E l 16 (papiers de la famille de la Lande, « Etat des fermes de la seigneurie du Lou suivant l’état que le seigneur de ce lieu m’a mis en main le 15e avril 1710 ») ; Floury, J., et Lorant, E., 2000, op. cit., t. II, p. 880 ; Hozier, Charles d’, Armorial général de France (Édit de Novembre 1696), Bretagne, publié d’après le manuscrit de la Bibliothèque nationale par R. Chassin du Guerny, Rennes, Larcher, 1930, t. I, p. 171 ; Longnon, A., 1903, op. cit., p. 255 ; Saulnier, Frédéric, Le Parlement de Bretagne 1544-1790, Mayenne, impr. de la Manutention, 1991, 2e éd. [1e éd., Rennes, J. Plihon et L. Hommay, 1909], t. II, p. 559-560, n° 754.

[49] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 2 E d 23 (papiers de la famille Desgrées du Loû, « Extrait des comptes du 5 avril 1705 au 29 octobre 1708, 6 volumes d’environ une main de grand papier »).

[50] Banéat, P., 1927, op. cit., t. III, p. 140 ; Breil de Pontbriand, Paul-Marie du, Histoire généalogique de la Maison du Breil, Rennes, A. Le Roy, 1889, p. 179-190 ; Floury, J., et Lorant, E., 2000, op. cit., t. I, p. 216 ; Guillotin de Corson, A., 1898, op. cit., p. 324-325 ; Kerviler, R., Répertoire général de bio-bibliographie bretonne. Livre premier. Les Bretons, Rennes, J. Plihon et L. Hervé, t. III, 1890, in-8°, p. 220 ; Potier de Courcy, P., 1895, op. cit. ; Potier de Courcy, P., 1970, op. cit., t. I, p. 161-162, t. II, 410.

[51] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 2 E b 58 (partage entre François Botherel, seigneur du Plessix, et son puîné Fiacre Botherel des Courogers, 1677-1692 ; « contestation entre la famille Botherel et Mr de Guémenée, cy devant comte de Montauban, relative aux droits qu’ils avaient dans l’église de la Chapelle-du-Lou).

[52] Mémoire pour René-Jean de Botherel, seigneur du Plessis-Botherel, contre messire Guy-Marie Aubert, seigneur du Lou, Rennes, Vve F. Vatar, 1785.

[53] Bourde de la Rogerie, Henri, Fichier Bourde de la Rogerie. Artistes, artisans, ingénieurs… en Bretagne, Association pour l’Inventaire de Bretagne, Bruz, 1998, n° 00377 ; Breton, Yves, « La mise en place de la réforme à Montfort et à Paimpont », Glanes en Pays Pourpré, n° 51, juin 1998, p. 16-26 ; Breton, Y., « La fondation de l’abbaye Saint-Jacques de Montfort », Bulletin et Mémoires de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine, t. CII, 1999, p. 31 ; Pocquet du Haut-Jussé, Barthélemy, « La réforme génovéfaine en Bretagne au XVIIe siècle », Bulletin et Mémoires de la Société archéologique du Département d’Ille-et-Vilaine, t. LXXI, 1958, p. 38-39, t. LXXII, 1960, p. 67.

[54] Guigon, P., L’ancienne église paroissiale de Maxent (Ille-et-Vilaine), fondation royale de Salomon, dans La Bretagne des origines. Actes de la Journée d’étude tenue à Redon le 18 novembre 1995, édités par Jean Kerhervé, Rennes, Institut culturel de Bretagne, 1997, p. 96-98.

[55] Brune, J., 1861, op. cit., p. 80 ; Buffet, Henri-François, Ille-et-Vilaine. Aspect géographique, historique, touristique, économique et administratif du département, Paris, Alépée, 1959, p. 124 ; Ille-et-Vilaine. Guide des châteaux, Loudéac, Y. Salmon, s. d. [1991], p. 49 ; Mussat, A., 1979, op. cit., p. 303.

[56] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 35 J 16 (fonds du comte de Botherel) ; Banéat, P., 1927, op. cit., t. I, p. 345-346.

[57] Banéat, P., 1927, op. cit., t. III, p. 294-295 ; Breil de Pontbriand, P.-M. du, 1889, op. cit., p. 181 ; Floury, J., et Lorant, E., 2000, op. cit., t. I, p. 216 ; Guillotin de Corson, A., 1884, op. cit., t. V, p. 706 ; Guillotin de Corson, A., 1897, op. cit., p. 400-405 ; Mussat, A., 1979, op. cit., p. 306 ; Poulain, Albert, Sorcellerie, revenants et croyances en Haute-Bretagne, Rennes, Ouest-France, 1997, p. 40.

[58] Hamon, Françoise, « Autour du Palais : l’hôtel et le château de 1640 à 1670 », Arts de l’Ouest. Études et Documents, n° 1979-2, p. 79-90.

[59] Frotier de La Messelière, H., 1912-1924, op. cit., t. III, p. 93.

[60] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 2 E b 69 (papiers de la famille Botherel du Plessis, procès contre Aubert du Lou) ; Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 2 E l 16 (papiers de la famille de la Lande, rente de 1 500 livres versée à l’abbaye de Chaloché, diocèse d’Angers) ; Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 5 Mi 165 R1546 (registres des baptêmes, mariages, sépultures du Lou-du-Lac) ; Banéat, P., 1927, op. cit., t. IV, p. 82 ; Floury, J., et Lorant, E., 2000, op. cit., t. II, p. 932 ; Hozier, C. d’, 1930, op. cit., t. I, p. 233 ; Potier de Courcy, P., 1970, op. cit., t. I, p. 362-363.

[61] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, C 3776.

[62] Kerviler, R., 1904, op. cit., t. IX, p. 308 ; La Borderie, A. de, « Essai d’histoire féodale. Les sires du Quémenet-Héboi et du Pontcallec », Revue de Bretagne et de Vendée, 6e année, 2e série, t. II (t. III de la collection), 3e livraison, septembre 1862, p. 229 ; Saulnier, F., 1991, op. cit., p. 117, n° 131.

[63] Mémoire pour Monsieur le Duc de la Trémoille, Pair de France, Comte de Montfort, intervenant & apellant, contre le Procureur Général du Domaine du Roy, et le Sieur Aubert, Acquéreur des Fiefs du Lou, intimés. De la cause, Monsieur le Président de Bédée, apellant, Rennes, J. Vatar, 1741 ; Mémoire pour le Sieur Jean-François Laroze, Tuteur onéraire des Enfans Mineurs de feu Monsieur le Duc de la Tremoille, Pair de France, Comte de Montfort, intervenant & apelant de Sentence du Présidial de Rennes du 12. juillet 1736. Contre le sieur Receveur Général du Domaine du Roi, & le sieur Aubert, conseiller honoraire au Présidial, intimés. Monsieur le Président de Bédée, appellant de la même Sentence et Monsieur le Procureur Général, Rennes, J. Vatar, 1743 ; Factum pour écuyer Guy-Pierre Aubert, conseiller honoraire au Présidial, intimé. Contre Messire Charles-Elisabeth Botterel, Seigneur de Bédée, Président Honoraire aux Enquêtes & Procureur Général Syndic des Etats, appellant de sentence du Présidial de Rennes du 12 juillet 1736, le Sr Jean-François la Roze […], Rennes, 1743 ; Mémoire pour Monsieur le Président de Bédée, appelant. Contre le sieur Aubert du Lou, alloüé de Rennes, héritier de ses père & mère. Et les Receveur Général & Fermier du Domaine du Roy, intimez, Et de la cause, le Tuteur onéraire des enfans de feu M. le Duc de la Tremoille, comte de Montfort, intervenant & appelant, Rennes, J. Vatar, 1744.

[64] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, C 1818 (état des juridictions royales et seigneuriales s’exerçant dans l’étendue des subdélégations de […] Montauban, Montfort […] en 1766).

[65] Aubert de Trégomain, Georges, Notice polygraphiée sur la famille Aubert de Trégomain, c. 1955 ; Courville, Loïc de, « La chancellerie près le Parlement de Bretagne et ses officiers (suite). Troisième partie, Liste alphabétique des officiers de la chancellerie », Bulletin et Mémoires de la Société archéologique du Département d’Ille-et-Vilaine, t. CI, 1998, p. 124, n° 11 ; Frotier de La Messelière, H., 1912-1924, op. cit., t. i, p. 49-50, t. iv, p. 122 ; Jarnoux, Philippe, Les bourgeois et la terre. Fortunes et stratégies foncières à Rennes au xviiie siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1996, p. 69-71 ; Jarnoux, P., La noblesse bretonne au XVIIIe siècle : les tiraillements de la modernité, dans Noblesses de Bretagne du Moyen Âge à nos jours. Actes de la journée de Guingamp le 22 novembre 1997, sous la direction de J. Kerhervé, Rennes, Presses universitaires de Rennes, Institut culturel de Bretagne, 1999, p. 187 ; Kerviler, R., Répertoire général de bio-bibliographie bretonne. Livre premier. Les Bretons, Rennes, J. Plihon et L. Hervé, t. I, 1888, in-8°, p. 311-312 ; Potier de Courcy, P., 1895, op. cit. ; Potier de Courcy, P., 1970, op. cit., t. I, p. 21, 255, t. II, p. 384-385 ; Saulnier, F., Notes généalogiques sur des familles bretonnes (famille Aubert du Lou, de Trégomain), Bibl. municipale Rennes, ms 1179 (1 Mi 93) ; Saulnier, F., 1991, op. cit., t. I, p. 240-242.

[66] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 2 E b 67 (papiers de la famille Botherel du Plessis, procès contre Aubert du Lou).

[67] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 2 E b 69 (papiers de la famille Botherel du Plessis, procès contre Aubert du Lou) ; Amiot, Christophe, Les avenues, dans Arbres remarquables en Ille-et-Vilaine, Rennes, Apogée, 1997, p. 95-97 ; Guigon, P., La Chapelle-du-Lou, dans Le patrimoine des communes d’Ille-et-Vilaine, Charenton-le-Pont, Flohic, 2000, in-8°, t. ii, p. 948 ; La Borderie, A. de, et Villers, L. de, 1895, op. cit., p. 278-280 ; La vie de château en Bretagne au XVIIe et XVIIIe siècles. Catalogue de l’exposition présentée au château de Kerjean, 1991, p. 58 ; Pocquet du Haut-Jussé, B., « Les aventures d’une statue, 1685-1852 », Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, t. I, 1920, p. 229-234 ; Turgis Saget, Dominique, « La barrière du Plessis Botherel », Glanes en Pays Pourpré, n° 57, décembre 1999, p. 8-14 ; Turgis, Dominique, « 100 ans sous le joug des de Botherel », Glanes en Pays Pourpré, n° 64, 3e trim. 2001, p. 13-18 ; Turgis, D., « 100 ans de circulation autour du Plessis Botherel », Glanes en Pays pourpré, n° 65, 4e trim. 2001, p. 9-13.

[68] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 2 E b 68.

[69] Bourde de la Rogerie, H., 1998, op. cit., n° 02197, 06830 ; Mauger, Michel, Un graveur breton de talent : Antoine François Ollivault (1732-1815), dans Charpiana. Mélanges offerts à ses amis par Jacques Charpy, Rennes, Fédération des Sociétés savantes de Bretagne, 1991, p. 185-197 ; Mauger, M., « La gravure à Rennes au XVIIIe siècle », Bulletin et Mémoires de la Société archéologique du Département d’Ille-et-Vilaine, t. XCVIII, 1995, p. 111-165.

[70] Banéat, P., 1927, op. cit., t. II, p. 423 ; Bouts, Michel, Montauban, histoires d’un château-fort des Marches de Bretagne, Mayenne, impr. de la Manutention, 1992, La Borderie, A. de, et Villers, L. de, 1895, op. cit., p. 298.

[71] Bunouf, M., 1983, op. cit., p. 85 ; Frotier de la Messelière, H., 1912-1924, op. cit., t. IV, p. 663-664 ; La Chesnaye-Desbois, et Badier, Dictionnaire de la noblesse, Paris, Schlesinger, 1872, 3e éd., t. XVII, col. 512-514 ; Mauny, M. de, 1969, op. cit., p. 69-75.

[72] Arch. com. Montauban-de-Bretagne, 1 G 32.

[73] Arch. com. Lou-du-Lac, registres de l’état-civil (depuis le 11 janvier 1793).

[74] Méance, M., 1884, op. cit., p. 157.

[75] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 2 E l 16 (papiers de la famille de la Lande, acte de démission de René-Hyacinthe de la Lande en faveur de son frère le 31 octobre 1669).

[76] Banéat, P., 1927, op. cit., t. II, p. 303 ; Guillotin de Corson, A., 1884, op. cit., t V, p. 103 ; Guigon, P., 2000, op. cit., t. II, p. 949 ; Méance, M., 1884, op. cit., p. 156.

[77] Duval, M., Foires et marchés en Bretagne à travers les siècles, Elven, Breizh, Hor Bro, 1982, p. 130.

[78] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 2 E l 16 (papiers de la famille de La Lande, « Etat des fermes de la seigneurie du Lou suivant l’état que le seigneur de ce lieu m’a mis en main le 15e avril 1710 »).

[79] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, G (registre de délibérations du conseil de fabrique du Lou-du-Lac, 27 janvier 1763 – 5 mars 1792) ; Méance, M., 1884, op. cit., p. 157.

[80] Boishamon, Charles-Joseph du, Marcie, Paris, Téqui, 1877 ; Brugalé, René, « De Médréac à Langan. Sur les traces de Gabillard », Glanes en Pays Pourpré, n° 64, 3e trim. 2001, p. 24 ; Lecrocq, R., « La garde nationale de Montfort et les combats du Lou », Glanes en Pays Pourpré, n° 22, 4e trim. 1989, p. 33 ; Neveu, Emmanuel, La Chouannerie, Saint-Hilaire-du-Harcouët, Lechaplais, 1972, p. 32-34.

[81] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 1 Q 406 (procès verbaux d’expertise des ventes – Rennes, 2e origine, achat par Guy-Victor-Uniac Huchet de Quénétain de la retenue et de la ferme de Sauvé en Rennes) ; Frotier de la Messelière, H., 1912-1924, op. cit., t. III, p. 112.

[82] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 1 Q 921 (biens de deuxième origine : émigrés, détenus, suspects, Aubert du Lou [Jean Julien Prosper] et Aubert de Trégomain [Marie Joseph Claude], frères, bordereau d’indemnités) ; Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 1 Q 1012 (biens de deuxième origine, émigrés, détenus, suspects, de la Motte-Picquet, succession d’Anne Thérèse Le Clavin [sic], veuve Aubert du Lou, héritière) ; Frotier de la Messelière, H., 1912-1924, op. cit., t. IV, p. 122.

[83] Arch. com. La Chapelle-du-Lou, cadastre de 1835, états des sections.

[84] Bunouf, M., 1983, op. cit., p. 132-133 ; Guillotin de Corson, A., Pouillé historique de l’archevêché de Rennes, Rennes, Fougeray, Paris, R. Haton, 1882, in-8°, t. III, p. 552, 1884, op. cit., t. V, p. 103 ; Lagrée, Michel, Mentalités, religion et histoire en Haute-Bretagne au XIXe siècle, le diocèse de Rennes, 1815-1848, Paris, G. Klincksieck, 1977, p. 192-193 ; Méance, M., 1884, op. cit., p. 3-5 ; Vigoland, E., « Variétés. Un petit séminaire de campagne au commencement du xixe siècle », Semaine religieuse du Diocèse de Rennes, 32e année, 22 février 1896, n° 20, p. 327-329, 29 février 1896, n° 21, p. 343-345, 14 mars 1896, n° 23, p. 379-381, 21 mars 1896, n° 24, p. 397-398 ; Villério, Maurice, « M. l’abbé Meslé, curé de Notre-Dame », Semaine religieuse du Diocèse de Rennes, 9e année, 7 juin 1873, n° 32, p. 499.

[85] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 4 E 3322 (Arch. not. Me Terrien, Rennes).

[86] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, G (registre de délibérations du conseil de fabrique du Lou-du-Lac, 27 janvier 1763 – 5 mars 1792) ; Arch. com. La Chapelle-du-Lou, cadastre de 1835, matrices cadastrales.

[87] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, 4 E 9/243 (Arch. not. Me Guillemot, Rennes, minute n° 131).

[88] Frotier de La Messelière, H., 1912-1924, op. cit., t. II, p. 385-387, t. III, p. 535, 613-614.

[89] Arch. not. Me Bagot et Me Torché, Rennes.

[90] Arch. dép. Ille-et-Vilaine, G (registre de délibérations du conseil de fabrique, 27 janvier 1763 – 5 mars 1792) ; Méance, M., 1884, op. cit., p. 157.

[91] Guillotin de Corson, A., 1884, op. cit., t. V, p. 101, n. 3 ; Guillotin de Corson, A., 1897, op. cit., p. 281.

[92] Coll. particulière, acte de vente de la tour et de l’étang.

[93] Arch. dioc. Rennes, « Registre de la paroisse de la Chapelle-du-Lou, canton de Montauban, diocèse de Rennes, commencé le 9 juin 1839 par l’abbé Robert », p. 147 ; Semaine religieuse du Diocèse de Rennes, 60e année, 26 juillet 1924, n° 30, p. 692-693.

[94] Arch. not. Me Pinson, Montauban (vente du château du Lou-du-Lac par Eugènie et Pierre Legault aux époux Berthier les 12 et 20 octobre 1924 en l’étude de Me Martin).

[95] Arch. com. Le Lou-du-Lac, registre des délibérations du conseil municipal, 9 août 1925, p. 13.

[96] Méance, M., 1884, op. cit., p. 158.

[97] Saurma, Johannes Von, et Marcon, Gaby, Chez Marie. Le petit commerce rural en Haute-Bretagne, Rennes, Rue des Scribes, 1993, p. 26-35.