Marie

 

Avant Marie

1er mariage de Marie Martinais, avec Eugène Georgeault

 

Guerre de 1914-1918

Galerie 1914-1918

 

 

Le château

Achat

Forge

Galerie forge

 

Marie : un prénom en vogue

Le prénom Marie est le prénom le plus porté par les dames et demoiselles, toutes générations confondues. La mère de « notre » Marie, Marie Martinais (1887-1958), était elle-même fille de Marie Orinel, et veuve en premières noces d’Eugène Georgeault (1875-1917), dont le second prénom était Marie. Ferdinand Berthier (1881-1945) rencontra Marie Martinais à Pacé, chez des amis communs, les Hamon, Léon et Marie :  les futurs époux Berthier devinrent parrain et marraine de leur fille, également appelée Marie. Plusieurs courriers conservés au château, cartes de vœux de Nouvel an et de fête (lors de l’Assomption), adressées d’abord à la seule Marie Martinais, devenue Berthier en 1921, puis à elle-même et à la petite Marie Berthier, montrent l’attachement des familles, ainsi que la fidélité à la Vierge. Aussi n’est-il guère étonnant que les époux Berthier, relativement âgés lors de la naissance de leur fille (42 et 38 ans), aient choisi ce prénom de Marie.

Cette dernière nous a confié que sa mère, en reconnaissance de cet heureux événement, avait souhaité que sa fille effectue le pèlerinage de Lourdes. Aussi, après sa communion solennelle et sa confirmation, effectuée le même jour (24 juin 1933), l’évêque de Rennes (ou son représentant) ne pouvant se déplacer à deux reprises pour la si petite paroisse du Lou, Marie et son père participèrent-ils au pèlerinage du diocèse de Rennes à Lourdes. Une photographie prise devant la basilique Notre-Dame-du-Rosaire de Lourdes montre une foule de pèlerins, réunis autour de leur archevêque, Mgr René-Pierre Mignen (?), et donne l’occasion de jouer à une variante du jeu « Où est Charlie ? »… Cherchez un peu, et vous trouverez Marie et Ferdinand, près de leur prêtre, l’abbé XXX, et d’autres pèlerins du Lou, également photographiés, probablement avant leur départ, à Rennes.

 

Une brève auberge de jeunesse : 1936-1940

En 1928, le château du Lou était mentionné dans l’Annuaire des châteaux et des villégiatures […], 42e année (Paris, éd. La Fare). Les auteurs de ce très chic ouvrage dévolu à la gentry se trompèrent d’ailleurs deux fois dans leurs pourtant très brèves citations, appelant le château le « Loc » (p. 115) et l’attribuant à « M. P. Berthier » (p. 1173)…

Probablement peu sensibles à ces mondanités, les époux Berthier, Ferdinand et Marie, durent se sentirent nettement plus à l’aise lorsqu’ils signèrent, le 10 décembre 1936, un bail avec le Comité local des Auberges laïques de la Jeunesse de Rennes, lui louant pour trois cents francs annuels « trois pièces du château du Lou, situées au premier étage […] pièces louées dans leur état présent ». Ce bail prit effet dès le 24 décembre 1936, pour trois ans renouvelables, arrivant à échéance à la même période en 1939, 1942 et 1945, « à la volonté réciproque des parties, à charge par celle d’entre elles qui voudrait faire cesser l’effet du présent bail à la fin de la première ou de la seconde période triennale, de prévenir l’autre partie de son intention à cet égard, au moins six mois à l’avance par lettre recommandée ». Il est à noter que l’autre signataire du bail, M. Rallon, professeur-adjoint au Lycée de Rennes, était le représentant du Comité de Bretagne du Centre laïque des Auberges de jeunesse (CLAJ), organisation très majoritairement encadrée par des enseignants de l’Instruction publique.

Même si différents types d’auberges de jeunesse existaient auparavant, dont une d’obédience catholique, la location de pièces du château au bénéfice d’une institution laïque s’inscrit bien évidemment dans le mouvement insufflé par le Front populaire, arrivé au pouvoir en 1936. Son sous-secrétaire d’État aux sports et à l’organisation des loisirs, le socialiste Léo Lagrange, impulse le mouvement des auberges de jeunesse en France ; en 1938, il fut élu président du CLAJ.

Les archives de cette auberge de jeunesse hors du commun ayant été détruites par Marie (qui s’en veut encore), il est quasiment  impossible, dans l’état actuel de nos recherches, de décrire précisément le statut social des vacanciers, leur nombre et la manière dont se déroulèrent leurs séjours. Heureusement conservé (ce qui apparaît rare), le Guide du Centre laïque des Auberge de Jeunesse (Paris, 1937, p. 54) indique cependant comment se rendre au « Château du Lou », soit « à pied, à bicyclette, à motocyclette » (abréviation AR), soit en « utilisant un moyen de transport public » (AV). Le lieu pouvait accueillir des jeunes gens et jeunes filles (J.G.-J. F.). L’hébergement coûtait 4 francs par nuit (il y avait vingt lits, forcément superposés, pour les trois chambres, théoriquement alors pas mixtes…), et 3 francs de séjour. Il est à noter que « L’Auberge fournit tout ou partie des repas » (Ps.), mais aussi que l’on « trouve sur place toutes les denrées nécessaires à la préparation des repas » (Rav.). Il existait « un terrain de camping dépendant de l’Auberge », probablement à proximité de l’étang, et on pouvait pratiquer des « jeux divers », sous l’aimable houlette des « P et MA : M. et Mme Berthier », à savoir les père et mère aubergistes, surnommés familièrement par les ajistes le « Père Aub » et la « Mère Aub ».

Les vacanciers pouvaient réserver leur lit en envoyant un formulaire type, ainsi celui adressé le 5 juin 1939 par deux Écossaises (dont l’une s’appelait Jenny S. Turner) de Clarkston, dans la banlieue de Glasgow, qui souhaitaient séjourner au Lou dans la nuit du 22 au 23 août 1939. Mais purent-elles se rendre au Lou ? En effet, dix jours plus tard après la date estimée de leur nuitée, la France et l’Angleterre déclarèrent la guerre à l’Allemagne, qui avait envahi la Pologne deux jours plus tôt : les ressortissants britanniques furent alors vivement invités à regagner sans délai leur pays. L’aventure originale de cette auberge de jeunesse/château (exceptionnelle dans ce mouvement éminemment populaire) s’interrompit après la défaite de 1940, qui mit fin au CLAJ, les Allemands s’empressant d’interdire cette organisation de gauche aux antipodes de l’idéologie nazie.

 

Des vacanciers au château

 

 

 

Une épicerie, un café – bureau de tabac au château

Galerie épicerie